Parc Simone Veil à Sète – Jardin du Château d’eau.
Le Parc Simone Veil, jadis connu sous le nom de jardin du Château d’eau, représente un joyau vert au sein de Sète. Ce parc paysager, agencé en plusieurs niveaux pour s’harmoniser avec le relief du Mont Saint-Clair, est une oasis de tranquillité pour les résidents et les visiteurs.
Inauguré en 1866 grâce à la générosité d’Émile Doumet (1796-1869), maire de Sète de 1849 à 1865 et président de la Société d’horticulture et d’histoire naturelle de l’Hérault, le parc a été renommé en 2005 pour honorer la mémoire de Simone Veil (1927-2017), figure emblématique de la justice et de la politique françaises.
Pourquoi « le Château d’eau » ? Ce nom n’est pas qu’une image de style : le jardin est créé dans la seconde moitié du XIXe siècle, au moment de l’arrivée de l’eau à Sète, pour capter la source d’Issanka et alimenter les fontaines publiques de la ville. Conçues comme un véritable jardin réservoir, ses terrasses successives, calées sur le relief du Mont Saint-Clair, ont gardé cette fonction jusque dans les années 1980. C’est cette double vocation, jardin d’agrément et infrastructure d’eau potable, qui explique le nom porté par le parc jusqu’en 2005.
Le parc abrite plusieurs éléments d’intérêt. À l’entrée Est, la statue de Neptune au trident domine un bassin planté de nénuphars : commandée en 1867 par le docteur Adolphe Cathala, proche d’Émile Doumet, au sculpteur Vital-Gabriel Dubray lors de l’Exposition Universelle de Paris, elle reprend une œuvre de 1856 largement répliquée dans le monde, et l’exemplaire sétois n’a été inauguré que le 11 mai 1878, douze ans après le jardin lui-même. Le Monument aux Morts de 1914-1918, réalisé en 1920 par le sculpteur Marius Roussel et l’architecte Edmond Coste, complète les éléments de mémoire du parc. Sur le chemin en pente, l’œuvre contemporaine « Entasis Dance V », sculpture en résine blanche d’Eve Laroche-Joubert créée en 2021, a été acquise par la Ville en 2022, apportant une touche d’art contemporain aux côtés du patrimoine du XIXe siècle.
Entre 2017 et 2021, le parc a fait l’objet d’une rénovation majeure, respectant son patrimoine historique tout en y intégrant des solutions écologiques modernes : restauration des grilles et du mobilier urbain d’origine, système d’irrigation revu, et pose de l’Urbalith, un revêtement de sol perméable qui remplace le bitume des années 1970.
Depuis septembre 2022, le parc Simone Veil héberge un poulailler éducatif, où une trentaine de poules traditionnelles et ornementales (soie, Pékin, Padoue, Faverolle, Sabelpoot, Wyandotte, Araucana, Houdan, Cochin, Brahma, Sussex, Marans…) venues d’un élevage spécialisé de Montarnaud ont remplacé une ancienne volière vétuste. Cet élément éducatif complète l’offre culturelle du parc. La végétation, composée d’arbres séculaires, de plantes aromatiques et d’agrumes, a été soigneusement préservée et enrichie par les jardiniers municipaux.
Le parc offre des espaces idéaux pour des activités de détente telles que les pique-niques et les promenades. Il joue un rôle éducatif significatif, notamment à travers son poulailler, qui sert de support pédagogique pour les jeunes de la ville. C’est aussi un lieu où Sète cultive sa mémoire littéraire et musicale : Paul Valéry et Georges Brassens y avaient tous deux leurs habitudes.
Le Parc Simone Veil à Sète se distingue par son mélange unique de nature, d’histoire et de culture. C’est un espace vert urbain qui offre non seulement un lieu de repos et de loisirs mais aussi un lien avec l’histoire riche et diverse de la ville. Ce parc est un témoignage vivant de l’engagement de Sète envers la préservation de son patrimoine tout en répondant aux besoins contemporains de ses citoyens et visiteurs.
À découvrir au Parc Simone Veil : Arbres centenaires, Statues, bassins, fontaines, grotte, Monument aux Morts, occupent les 1,12 Hectare (environ 11 200 m²) du Jardin du Château d’eau .
Le saviez-vous ?
Dans un de ses écrits, Paul Valéry rapporte qu’il faillit mourir noyé dans l’un des bassins du Château d’eau, lorsqu’il était enfant. Selon lui, la nurse chargée de le surveiller prêtait plus d’attention à un jeune homme qui la courtisait qu’au futur écrivain.


