Un Sétois expose Sète, en rouille et en bleu
Arthur Dupuy présente Ancré, sa nouvelle série, du 12 septembre au 11 octobre 2026 à la Chapelle du Quartier Haut. Le vernissage se tient le vendredi 11 septembre à 18h30. Entrée libre, tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi.
Né à Sète, l’artiste consacre cette exposition à sa ville, née du travail de ses marins, et à ce que son identité doit encore à la mer. Une identité de carrefour méditerranéen, entre influences italiennes, espagnoles et françaises.
La rouille comme matière
Le travail joue sur les nuances de bleu, en écho au pigment d’Yves Klein, associées au noir de mars, puis plus récemment au graphite et à des éléments de rouille et de corrosion. Ces derniers ne sont pas un effet de style : ce sont les amarres et les accroches de navires qui s’oxydent au contact de l’eau salée, transposées sur la toile.
Formé comme designer olfactif à Montpellier avant de devenir peintre, Arthur Dupuy revendique deux filiations : les Outrenoir de Pierre Soulages, et le travail du graphite de Takesada Matsutani, artiste japonais de la deuxième génération du mouvement Gutaï.
Un bateau d’oiseaux en céramique
L’exposition sort du cadre habituel avec des installations créées en collaboration. La sculpture Ancré dans les traversées sensibles est co-construite avec la céramiste franco-iranienne Mahnaz Alamé, installée à Paris depuis 1984. Ses oiseaux de céramique, figures du déplacement et de la résilience, sont réunis dans une embarcation inspirée des barques catalanes de Méditerranée.
L’ensemble évoque les traversées humaines et les exils, et il est porté par un parfum, L’eau-forte, créé par l’artiste en hommage aux eaux-fortes de Soulages. C’est le genre de dispositif qu’on ne rencontre pas souvent dans une galerie municipale : une sculpture qu’on regarde, qu’on lit et qu’on respire.
Un parcours qui monte
Révélé à Montpellier, Arthur Dupuy est représenté depuis 2023 par la Galerie Maïlyn Bruniquel à Sète. Il a depuis exposé à la Galerie Octobre de Toulouse, à l’Atelier d’Anne à Uzès et, en 2026, à la Galerie Emeric Hahn dans le Marais parisien. Les Sétois le connaissent aussi pour avoir signé l’affiche de la 281e Saint-Louis.
Le lieu ajoute à la cohérence : ancien couvent des religieuses de Saint-Maur fondé en 1728, la Chapelle du Quartier Haut est devenue la galerie d’art contemporain de la ville, au cœur du quartier historique des pêcheurs. Un mois de dialogue entre peinture, céramique et mémoire du port.




