Un vaisseau de pierre visité à la tombée du jour
La commune ouvre son église fortifiée Sainte-Léocadie pour une visite nocturne, gratuite et sans condition d’entrée. L’horaire n’est pas choisi au hasard : à la mi-août, le jour tombe juste après le rendez-vous, et l’édifice se découvre dans une lumière que les visites de plein après-midi ne donnent jamais. Le rendez-vous se prend devant l’église, au cœur du village.
Une église bâtie pour se défendre
Sainte-Léocadie est édifiée en 1173, une fois que l’autorité royale a autorisé la fortification des édifices religieux. Elle appartient à un réseau d’églises-forteresses implantées le long du littoral pour abriter les habitants lors des raids sarrasins. De ce réseau, quatre subsistent, et celle de Vic compte parmi les mieux conservées. Tout le vocabulaire militaire est encore lisible : des murs de deux mètres d’épaisseur montés sans fondation, en gros blocs de calcaire coquillier tiré sur place, des contreforts qui portent des mâchicoulis, et des créneaux qui courent encore sur la façade ouest et une partie des flancs. La tour d’horloge et son escalier sont venus plus tard, bien après l’époque romane. L’ensemble est classé au titre des monuments historiques.
Une sainte espagnole et un village de garrigue
La dédicace intrigue : Léocadie est une sainte de Tolède, et son nom sur une église du littoral languedocien rappelle le souvenir des chrétiens ayant fui la péninsule Ibérique. Autour de l’édifice, Vic-la-Gardiole déroule un centre ancien de ruelles à passages voûtés et de maisons vigneronnes, adossé au massif de la Gardiole et tourné vers les étangs. C’est un village que l’on traverse souvent sans s’arrêter, entre Montpellier et Sète, et une visite du soir est une bonne raison de faire l’inverse.


