Grand soleil sur le Cap d’Agde samedi 15 août, et un cortège de porte-drapeaux qui descend le chemin du littoral, mer à gauche, plage bondée en contrebas. La ville commémorait le 82e anniversaire du Débarquement de Provence, cette opération du 15 août 1944 qui ouvrit un second front dans le sud du pays. Habitants, élus, anciens combattants et vacanciers tombés là par hasard ont suivi le cortège jusqu’au mémorial de la Grande Conque. Et comme chaque année, la journée ne s’est pas arrêtée à la minute de silence.
Porte-drapeaux des associations patriotiques, policiers municipaux en tenue, anciens combattants médaillés et bérets de toutes les couleurs : le cortège s’est formé le long de la côte avant de rejoindre le mémorial. La cérémonie s’est tenue en présence du maire d’Agde Aurélien Lopez-Liguori, de la députée de la quatrième circonscription de l’Hérault Manon Bouquin, du président de l’Union nationale des combattants, des associations patriotiques et de nombreux élus. La journée commémorative revient chaque 15 août au Cap d’Agde, sur ce même site.

L’objectif de l’opération tenait en une phrase, son exécution était autrement plus risquée : ouvrir un second front sur la façade méditerranéenne, prendre l’occupant allemand en tenaille avec la Normandie, et s’emparer des grands ports stratégiques du sud. Elle fut conduite sous le commandement du général américain Patch et du général de Lattre de Tassigny, et elle contribua à accélérer la Libération du territoire. Sur cette côte, la trace la plus visible de ces années reste le Mur de Méditerranée, le réseau de bunkers construit à partir de 1942 pour défendre le littoral. Près d’une centaine ont été édifiés sur la commune d’Agde, une trentaine tiennent encore debout.

La stèle devant laquelle la garde d’honneur a pris position ne laisse aucun doute sur ceux que l’on honore ici : c’est le mémorial des combattants de l’armée d’Afrique. C’est sur eux que le maire a insisté dans son discours, en rappelant la composition de l’armée B du général de Lattre de Tassigny, où se côtoyaient chrétiens et musulmans, Européens, Maghrébins, Africains et pieds-noirs. Il a évoqué ce que la ville doit à ces « combattants damnés de l’histoire et de la mémoire », et a fait du devoir de mémoire le fil de son intervention. Le mémorial se dresse au-dessus de la plage noire de la Grande Conque, au Cap d’Agde, à l’endroit exact où la cérémonie se tient chaque année.

Après la cérémonie, la journée a basculé du côté des animations. Un campement militaire américain reconstitué occupait le terrain, tentes kaki alignées et véhicules d’époque en démonstration, avec des figurants en tenue jusque dans le détail des brassards. Des défilés de jeeps ont traversé le Cap, et de l’autre côté de l’Hérault, à la Tamarissière, les bunkers ont été ouverts au public le matin et l’après-midi. Restaurés par l’association Agde Histoire 39-45, ces ouvrages se visitent aussi chaque samedi matin de l’été : le 638, ancien hôpital de campagne allemand, le 610, poste de commandement, ainsi que le 622A et le 622, ouverts plus récemment.
Si la journée vous a donné envie de creuser l’histoire agathoise, le Musée de l’Éphèbe se trouve à quelques minutes et raconte un tout autre chapitre, celui de l’archéologie sous-marine et des trésors remontés du fond de l’Hérault. Et pour ceux qui n’ont pas pu venir le 15 août, les visites guidées des bunkers restent le moyen le plus direct de toucher du doigt ce que le littoral d’Agde a gardé de ces années-là. Elles sont gratuites, menées par des bénévoles qui connaissent chaque salle par cœur, et elles valent largement le détour par le Grau.
Chaque samedi matin de juillet et août, l’association Agde Histoire 39-45 propose une visite guidée des bunkers du Mur de Méditerranée sur le site de La Tamarissière, à Agde. Ces ouvrages militaires font partie du Südwall, le réseau de fortifications érigé sur la côte méditerranéenne après l’invasion de la zone libre par les troupes allemandes […]
© 2026 Ici7.fr Tous droits réservés.
En utilisant ce site, vous acceptez notre politique de confidentialité.