C’est une image qui surprend les habitués et les vacanciers de retour sur la côte héraultaise : la plage de Marseillan-plage accueille cet été 2026 sans ses fameuses paillotes. Après la fermeture du Cap Horn en 2025, c’est au tour du Mosquito Beach de rester portes closes cette saison. Deux établissements emblématiques qui animaient le front de mer depuis respectivement 2019 et 2012, et dont l’absence se fait clairement ressentir dans l’ambiance estivale de la station.
Mais pourquoi cette situation ? La réponse est moins simple qu’il n’y paraît, et la commune de Marseillan tient à apporter des éclaircissements à ses habitants et touristes.
C’est sans doute le point le plus important à retenir : la municipalité de Marseillan n’est pas à l’origine de ces fermetures. Bien au contraire, elle se dit favorable au maintien de plages aménagées, qui contribuent à l’attractivité touristique de la commune. Mais dans ce dossier, ce n’est pas elle qui a le dernier mot.
Les plages relèvent en effet du domaine public maritime, géré par l’État via la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM). Concrètement, l’État confie aux communes une concession de gestion de ce domaine, et toute exploitation commerciale, comme une paillote, nécessite une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) délivrée par cette même administration.
Or, la concession historique de Marseillan couvrait la période 2012-2024. La nouvelle concession, désormais prévue sur 10 ans au lieu de 12, ne démarrera qu’en 2027, pour s’étendre jusqu’en 2036. Dans cet intervalle, la commune a bien tenté d’obtenir des AOT pour 2025 et 2026 afin d’assurer la continuité des établissements existants. Mais aucune AOT n’a finalement été accordée pour 2026.
Derrière ces décisions administratives se dessine une logique environnementale claire : protéger le littoral et limiter l’artificialisation des plages. Et à Marseillan, le contexte naturel est particulièrement sensible.
Le front de mer de la commune est bordé par un système dunaire essentiel, qui joue un rôle clé dans la lutte contre l’érosion côtière et abrite de nombreuses espèces végétales et animales protégées. Une étude faune-flore a d’ailleurs été réalisée dans ce cadre. Les services de l’État appliquent ici des règles environnementales strictes, renforcées par les orientations du SCoT du Bassin de Thau et du PLU communal, qui encadrent l’aménagement du territoire et la limitation de l’artificialisation des espaces naturels.
En clair : même des installations temporaires comme des paillotes sont soumises à des exigences croissantes dans ce type d’environnement protégé.
Certains se posent la question, et c’est légitime. Le Marina Bay bénéficie d’un statut différent : il est situé sur le domaine portuaire, et non sur le domaine public maritime. La concession liant l’État à la Ville pour cette zone court jusqu’au 31 décembre 2029, ce qui permet à la commune d’autoriser directement l’exploitation de la plage du Marina Bay, sans passer par les mêmes procédures.
Marseillan ne tourne pas définitivement la page. La municipalité réaffirme sa volonté de maintenir une dynamique touristique forte et soutient le retour de plages aménagées dès que le cadre réglementaire le permettra. Avec la nouvelle concession prévue de 2027 à 2036, la porte reste ouverte à de futures installations, sous réserve des autorisations et des contraintes environnementales.
En attendant, Marseillan-plage reste une destination balnéaire de charme sur le littoral héraultais, avec ses kilomètres de sable et ses dunes préservées, un cadre naturel exceptionnel qui mérite, finalement, qu’on prenne soin de le protéger.
Crédits photos : Ville de Marseillan
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