Un promontoire sur l’étang, là où Mèze a ses premières traces
La chapelle des Pénitents de Mèze occupe un promontoire qui domine l’étang de Thau et les remparts, place Monseigneur Hiral. C’est sur ce site que l’on a retrouvé les premières traces d’occupation de Mèze, probablement celles de populations phéniciennes, dès le VIIIe siècle avant J.-C. Le nom de Mèze viendrait d’ailleurs du phénicien Mansa, qui désigne un endroit élevé d’où s’élève une fumée. Tout près de la chapelle, un feu était entretenu pour éclairer le site et guider les navigateurs : elle a ainsi joué le rôle d’une sentinelle et d’un phare.
Une chapelle de 1147, confiée aux Pénitents Blancs en 1602
La chapelle date de 1147. Il en subsiste les deux dernières travées des murs de la nef et l’abside, dite en cul-de-four. Abandonnée après le pillage subi lors du siège de la ville en 1562, elle servait de tripot et de refuge pour les porcs quand les Pénitents Blancs de Mèze en demandent l’usage à l’évêque d’Agde, en 1590. Le 20 août 1602, l’évêque la leur confie pour s’y réunir et prier, à charge de la remettre en état : de grands travaux de reconstruction et d’agrandissement sont alors entrepris. Les Pénitents l’appellent Notre-Dame des Sept Douleurs, ou de Bon Secours, alors que les textes anciens parlent de Notre-Dame ou de Notre-Dame des Battues, c’est-à-dire battue par les flots.
La confrérie des Pénitents Blancs de Mèze
Les Pénitents Blancs de Mèze s’inscrivent dans le mouvement des confréries de pénitence mises en place par les catholiques de Languedoc après l’implantation de la Réforme protestante, vers 1560. Ces confréries de laïcs dévots, vêtus de robes blanches et coiffés de cagoules, se distinguaient par leurs grandes processions, sans exclure la charité ni l’aide matérielle et morale aux plus démunis. À Mèze, Guillaume de Cesses est le premier frère reçu, le 1er avril 1588, par le prieur de Marseillan ; ils sont 13 en 1598. La confrérie est ensuite rattachée à l’archiconfrérie romaine du Gonfalon, en 1609, un réseau d’envergure internationale. En trois siècles d’existence, les Pénitents Blancs ont fortement marqué la vie sociale et religieuse de la communauté mézoise.
Une cloche dans la tempête
En 1891, le Père Guiraud décrit la chapelle comme le cœur de la vie de la communauté mézoise. Il raconte qu’un jour d’hiver, des pêcheurs surpris par une bourrasque de neige sur l’étang dérivaient sans pouvoir rejoindre le port. Leurs femmes, prosternées devant la Sainte Image, demandaient à Notre-Dame des Sept Douleurs leur retour, pendant que l’une d’elles faisait sonner la cloche de la chapelle. Guidés par ce son bien connu des mariniers, les pêcheurs finirent par atterrir ensemble au port que domine la chapelle.
De la Révolution à la restauration
Pendant la Révolution, la chapelle est désaffectée. Elle sert notamment d’hôpital, de lieu de réunion pour les assemblées populaires et d’atelier de tonnellerie. En février 1802, Guillaume Gars la rachète et la rend à la confrérie. Agrandie et embellie grâce à la générosité de donateurs, elle garde sa fonction jusqu’à l’extinction de la confrérie, avant la Première Guerre mondiale : à Mèze, en 1912, il ne reste qu’un seul frère. Depuis 1988, l’association Les Amis des Pénitents s’investit dans la restauration et la mise en valeur du site. Elle y organise concerts et expositions pour financer les travaux et perpétuer la mémoire du lieu. La chapelle a accueilli le festival de concerts Sur tous les tons et sert aussi de lieu de travail à la résidence vocale des InCursions, pendant les vacances de la Toussaint.
Visiter la chapelle
La chapelle n’est pas ouverte en continu : l’accès dépend d’ouvertures ponctuelles, concerts ou expositions, notamment l’été. Pour connaître ces ouvertures, l’office de tourisme de Mèze reste le contact le plus fiable. Le lieu se trouve à deux pas du port des Nacelles, où sont amarrées les barques à fond plat des pêcheurs de la lagune, et du port de plaisance, avec une vue dégagée sur l’étang.
Ne pas la confondre avec la chapelle de Sète
Mèze et Sète ont chacune leur chapelle des Pénitents. Celle de Sète, au Vieux Port, a sa propre fiche : chapelle des Pénitents Sète. Pour replacer celle de Mèze parmi les autres édifices du bassin, le wiki la route des chapelles du bassin de Thau la relie à celles de Gigean et de Poussan.



