Trottinette électrique dans l'Hérault : casque et gilet obligatoires

  • Publié il y a 13 heures
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Casque et gilet rétro-réfléchissant sont désormais obligatoires pour circuler en trottinette électrique dans l’Hérault. La mesure s’applique à toutes les communes du département, donc à l’ensemble du bassin de Thau, de Sète à Villeveyrac. Elle découle d’un arrêté préfectoral signé le 9 septembre 2026 par la préfète Chantal Mauchet et publié deux jours plus tard.

Ce que l’arrêté impose exactement

Tout conducteur d’engin de déplacement personnel motorisé doit porter un casque homologué correctement attaché et un gilet rétro-réfléchissant. Le texte ne vise pas que les trottinettes : il englobe aussi les gyropodes, les monoroues et les hoverboards.

L’obligation vaut sur l’ensemble des voies ouvertes à la circulation publique, chaussées, bandes cyclables et pistes cyclables comprises, de jour comme de nuit et sans limitation horaire. Autrement dit, rouler sur la voie verte entre Sète et Marseillan en plein après-midi ne dispense de rien. L’arrêté rappelle par ailleurs que l’engin lui-même doit être équipé de feux avant et arrière en état de marche, de catadioptres, de freins efficaces et d’un avertisseur sonore.

Les chiffres qui ont motivé la décision

L’arrêté s’appuie sur une courbe qui ne laisse pas beaucoup de place au débat. Entre 2021 et 2025 dans l’Hérault, le nombre d’accidents impliquant ces engins a été multiplié par cinq, et celui des blessés hospitalisés par six. Sur les huit premiers mois de 2026, le département comptait déjà 47 accidents, 3 morts, 50 blessés dont 15 hospitalisés. La préfecture communique de son côté un bilan sur trois ans, de 2024 à 2026 : 138 blessés, 46 hospitalisations et 7 personnes tuées.

Le texte cite aussi l’observatoire national interministériel de la sécurité routière : 80 % des personnes tuées en trottinette en 2024 ne portaient pas de casque, et chez les conducteurs gravement blessés, les lésions touchent d’abord la tête, dans 60 % des cas. Ce sont ces deux chiffres qui expliquent que le casque passe d’une recommandation à une obligation.

Combien ça coûte en cas de contrôle

L’arrêté prévoit une contravention de 2e classe, soit 35 €, pour le non-port du casque et du gilet, de jour comme de nuit. L’amende monte à 135 € dans un cas particulier, celui où l’autorité de police a autorisé la circulation en trottinette sur une route où la vitesse peut atteindre 80 km/h. La préfecture annonce par ailleurs une période de sensibilisation d’un mois avant que les verbalisations ne commencent réellement.

Attention toutefois : la communication de la préfecture sur les réseaux sociaux présente les montants autrement, en annonçant 35 € pour l’absence de gilet et 135 € pour l’absence de casque. Ce n’est pas ce que dit l’annexe de l’arrêté, qui fixe bien 35 € pour les deux manquements. En cas de doute, c’est le texte de l’arrêté qui fait foi.

Les autres règles, souvent ignorées

Le casque et le gilet s’ajoutent à un cadre qui existait déjà et que l’annexe de l’arrêté récapitule, montants à l’appui. Conduire avant 14 ans, rouler sur la chaussée alors qu’une piste cyclable existe, circuler sur un trottoir sans autorisation, transporter un passager, porter des écouteurs ou tenir son téléphone : chacune de ces infractions coûte 135 €. Le débridage, c’est-à-dire le fait de dépasser les 25 km/h, expose à 1 500 €, à l’immobilisation et à la confiscation de l’engin. Un défaut d’éclairage ou de freins se paie de 11 à 35 €. L’assurance responsabilité civile reste obligatoire.

Ce que ça change sur le bassin de Thau

Le territoire est particulièrement concerné : la trottinette y sert autant aux trajets du quotidien qu’aux déplacements estivaux, sur un réseau cyclable dense qui relie les communes de la lagune. Notre wiki sur le vélo électrique et les mobilités douces sur le bassin de Thau détaille cet écosystème, et celui consacré à la voie verte autour de l’étang de Thau décrit les itinéraires les plus empruntés. Pour ceux qui construisent leurs déplacements sans voiture, le wiki découvrir le bassin de Thau sans voiture reste le point de départ.

L’arrêté peut être contesté devant le tribunal administratif de Montpellier dans un délai de deux mois à compter de sa publication.

Crédit photos : Préfècture de l’Hérault

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