La Criée du Grau d’Agde a un nouveau président. Dans ses locaux, sur les quais du Grau, Frédéric Guilhen a passé le relais à Aurélien Lopez-Liguori, maire d’Agde, qui prend officiellement la tête de la Criée aux poissons des Pays d’Agde. La passation tombe au cœur d’un mois de septembre agité pour la pêche méditerranéenne, pendant lequel la criée a tourné au ralenti et des bateaux agathois ont rallié Sète par solidarité. Pour la Ville d’Agde, cette présidence doit se traduire par un soutien renforcé à la filière et aux professionnels qui la font vivre.
C’est entre les murs de la criée, là où se négocie chaque jour la pêche débarquée au Grau, que le président sortant et son successeur se sont retrouvés, entourés d’élus et de professionnels de la filière. La réunion a été l’occasion de saluer le travail de Frédéric Guilhen et son engagement en faveur de la Criée et de la pêche agathoise. Ceux qui veulent voir de près ce lieu de travail peuvent suivre une visite guidée du Grau d’Agde et de sa criée, programmée à notre agenda.

Depuis la mi-septembre, les pêcheurs de Méditerranée sont mobilisés contre la hausse du prix du carburant et l’accumulation des contraintes réglementaires. Au Grau d’Agde, la criée a fonctionné en service minimum, puis ses quais se sont presque vidés. Son directeur, Yves Le Théry, a résumé la situation à la presse locale : « Le carburant, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Il cite pêle-mêle le nombre de jours de pêche autorisés, les horaires de sortie, les contrôles, les mises aux normes et les nouvelles obligations de géolocalisation. Nous avions raconté comment des bateaux du Grau d’Agde étaient partis soutenir les pêcheurs sétois devant la capitainerie de Sète.
Dans ce contexte, la nouvelle présidence dit vouloir défendre une pêche locale et durable, qu’elle voit comme un moteur de l’économie du territoire, face à ce que la Ville d’Agde décrit comme une multiplication de normes et de réglementations qui pèsent sur les professionnels.
L’ambition affichée est de poursuivre le développement de la criée en s’appuyant sur la qualité et la diversité de la production locale. Le maire d’Agde a insisté sur la nécessité de mieux valoriser cette matière première pour faire progresser l’ensemble de la filière. L’enjeu dépasse les quais : selon la direction de la Criée, la pêche fait vivre plus de 500 emplois à Agde. Ce poisson se retrouve ensuite dans les assiettes du quartier, dans des tables du Grau comme L’Ardoise du Marché, qui travaille les produits frais de la région.
D’un port à l’autre, les enjeux se ressemblent. À une vingtaine de kilomètres, la criée aux poissons de Sète, première d’Europe à s’être informatisée en 1967, vit la même crise et les mêmes débats sur les quotas. Pour comprendre comment fonctionnent ces ventes aux enchères descendantes, notre page sur la criée de Sète et la pêche aux enchères en détaille les coulisses, et celle consacrée à la pêche et aux métiers de la mer à Thau raconte les hommes et les bateaux qui l’alimentent.
La criée du Grau d’Agde fait partie des rares criées de Méditerranée ouvertes au regard du public, au cœur d’un quartier de pêcheurs resté fidèle à sa tradition maritime. Cette culture se célèbre aussi chaque été lors de la Fête des Pêcheurs d’Agde, en hommage à Saint-Pierre. Notre conseil : venez un jour de débarque, quand les bateaux rentrent, et prolongez par une visite commentée du Grau pour mettre des mots sur ce que vous voyez.
Crédits photos : Ville de Agde.
De l’embouchure du Grau d’Agde jusqu’à la Criée, cette visite guidée retrace l’histoire d’un lieu où patrons pêcheurs et capitaines devaient autrefois demander « l’entrée » au Port d’Agde. Le parcours suit le cheminement du poisson depuis sa pêche jusqu’à sa vente à la Criée, l’une des seules de la Méditerranée accessible au public. Le […]
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