Un site naturel protégé entre mer et étang
Les Salins de Villeroy, sur le Lido de Thau à Sète, forment un site naturel protégé du Conservatoire du littoral. Le site s’étend entre le lido et l’étang de Thau : canaux et bassins bordés de végétation basse, avec vue sur Sète et le mont Saint-Clair.
Ces anciens terrains de production de sel couvrent environ 163 hectares sur la rive sud-est de l’étang de Thau, juste à la sortie de Sète, au début du cordon littoral qui file sur une douzaine de kilomètres jusqu’à Marseillan. Le Conservatoire du littoral, propriétaire, en a confié la gestion à l’agglomération du bassin de Thau.
Ce que l’on y découvre
Un grand plan du site détaille les cheminements. Des panneaux présentent les oiseaux que l’on peut observer au fil de la balade, ainsi que les règles du site protégé.
Le chemin de Villeroy parcourt le site sur environ 3,5 kilomètres, jusqu’aux vignobles du Listel, et l’on peut aussi marcher sur les étroites bandes de terre qui séparent les anciens bassins. Par temps clair, le regard porte au-delà de l’étang vers l’arrière-pays héraultais, du pic Saint-Loup au mont Saint-Baudille.
Comment naît le sel d’un salin
Un salin fonctionne par évaporation : l’eau de mer circule lentement d’un bassin à l’autre, de moins en moins profonds, et se concentre sous l’effet du soleil et du vent jusqu’aux tables salantes, où le sel finit par cristalliser. Ici, ces tables changent de couleur au fil des saisons, du turquoise au rouge vif : dans une eau très salée prospèrent une micro-algue riche en pigments rouges et de minuscules crustacés, les artémias, qui donnent cette teinte.
Le sel a une longue histoire sur ce littoral : en 1779, grâce à l’intervention de la duchesse de Villeroy, Louis XVI autorisa la création d’un salin sur la bande littorale entre Sète et Agde. Sur les salins voisins du Castellas, la production, devenue faible et irrégulière, s’est arrêtée en 1968.
Une halte pour les oiseaux
Plans d’eau peu profonds, prés salés, sansouires (ces étendues de plantes basses adaptées au sel, comme les salicornes), tamaris et pins parasols composent un refuge pour les oiseaux méditerranéens, mais aussi pour les papillons, les lézards et les lapins de garenne. Le site se trouve sur une voie de migration entre l’Afrique et l’Europe du Nord, ce qui en fait un lieu d’observation pour les amateurs d’ornithologie.
Les anciens salins accueillent aussi des sternes, mouettes et avocettes, des oiseaux qui nichent à même le sol sur des îlots sableux, à l’abri des prédateurs et du dérangement. En octobre 2016, un îlot de nidification a été aménagé sur le bassin Est, dans le cadre du programme européen LIFE+ ENVOLL, en complément de trois îlots déjà créés sur d’autres bassins. Rester sur les cheminements, garder ses distances et respecter le calme des lieux est la meilleure façon de les observer sans les déranger ; une paire de jumelles fait le reste.
Fiche rédigée par l’équipe d’Ici7 après une visite sur place, et les photos ont été prises sur place par nos soins.


