Jeudi 10 septembre, en fin de journée, les tables étaient sorties sur la terrasse de la route des Quatre Chansons, à Sète. La Maison de la Zézette fêtait ses dix ans lors d’une soirée sur invitation, réservée à ses partenaires professionnels, à ses équipes et amis. Un anniversaire forcément chargé d’émotion : Gaston Bentata, le créateur des Zézettes de Sète, s’est éteint le 22 janvier 2026, à 78 ans.
La maison avait invité ses partenaires professionnels, les équipes et les employés de ses trois boutiques, celles de Sète et de Frontignan et de la dernière née à Montpellier, ainsi que les amis de la famille. Autant de gens qui se croisent toute l’année sans jamais se retrouver au même endroit, et que la terrasse de La Maison de la Zézette a réunis le temps d’une soirée.
Les prises de parole ont été nombreuses, et presque toutes sur le même registre, celui du remerciement : à la famille, aux équipes, aux partenaires qui accompagnent la maison depuis ses débuts. Aline Bentata, l’épouse de Gaston, a pris la parole, comme leurs enfants Antoine et Charlène, qui tiennent aujourd’hui l’entreprise. L’émotion n’était jamais loin : la photo du fondateur était installée au milieu des invités, et son nom est revenu dans tous les discours.
Côté ambiance, Alban Bruhat et Stéphane Bousquet ont assuré les deux temps de la soirée : en formation groupe pour commencer, aux platines ensuite, le temps de faire danser les invités. Côté table, le traiteur O saveurs a tenu le buffet de main de maître, salé d’abord, sucré ensuite, avec le même soin porté au dressage qu’aux saveurs.
La Maison de la Zézette a été ouverte en juillet 2016 par Tony et Charlène Bentata. L’idée tenait en une phrase : donner à Sète un endroit où les spécialités de la maison se goûtent sur place, au lieu de repartir en sachet sous le bras. D’où le salon de thé accolé à la boutique, qui n’est pas un accessoire mais la moitié du projet.
Le choix de l’emplacement n’avait rien d’évident. Les Salins étaient alors un quartier neuf, à l’écart des quais et du centre ancien, sans le flux de passage qui fait vivre une adresse de souvenirs. Dix ans plus tard, le quartier s’est construit autour d’elle. La fabrication, elle, n’a jamais quitté La Belle Époque, à Frontignan, dont la boutique sétoise est le prolongement.
Le biscuit n’est pas né ici, et c’est un détail que les Sétois eux-mêmes ignorent souvent. Il vient d’Oran, où on l’appelle rollico, et il arrive à Sète à la fin des années 1970 avec Gaston Bentata, né dans cette ville, fils d’un boucher et d’une mère qui cuisinait. Il adapte une recette de famille et ouvre avec Aline une première boutique rue du Football, Ma Qué Cé Bon chez Gaston, où la zézette se cuit d’abord par 500 grammes à l’heure.
Un geste va tout changer. Au départ le biscuit est rond ; Gaston Bentata lui donne sa forme allongée pour que les bébés et les enfants le tiennent plus facilement dans la main. Le nom, lui, a fait le reste : il fait sourire tous les visiteurs et se retient du premier coup. La commercialisation démarre en 1994, la marque est déposée l’année suivante.
Côté recette, c’est un biscuit sec sans œuf, enrobé de sucre cristal, parfumé à la vanille et élaboré au vin rosé. C’est ce mariage du vin et du sucre qui le sépare des autres biscuits secs du Sud, et qui lui donne son petit goût acidulé.
Les Zézettes sortent aujourd’hui des ateliers de Frontignan, jusqu’à plus de 2 tonnes certains jours en pleine saison d’été. Le chiffre dit assez bien le chemin parcouru depuis la cuisine familiale. Et la maison ne vit pas que d’elles : amandiers de Bouzigues, figounettes de Mèze, bistouquettes à la fleur d’oranger, anis des garrigues, framboisettes, chouchous aux amandes, plus toute une gamme salée pour l’apéritif, les Kémias.
La relève, elle, s’organise depuis un moment. Kim, la petite-fille de Gaston, a rejoint l’entreprise en 2016, et une deuxième Maison de la Zézette a ouvert à Montpellier en 2024.
Le salon de thé reste la bonne porte d’entrée : on s’assoit, on prend une boisson chaude ou fraîche, une glace, on goûte avant de choisir. C’est aussi la seule façon honnête de trancher entre les parfums, qui peuvent se ressembler sur le papier. Pour rapporter, les formats couvrent à peu près toutes les situations : le sachet dégustation de 150 g pour essayer, la barquette pour la maison, la boîte cylindrique en métal ou le coffret de six sachets quand c’est pour offrir. Ces formats se commandent aussi sur la boutique d’Ici7, pour ceux qui sont loin ou qui ont oublié d’en prendre avant de repartir.
Notre conseil pour bien faire : une zézette avec un café serré en fin de repas, ou, pour rester dans le registre local, avec un verre de muscat de Frontignan, qui vient du même bout de territoire. C’est l’accord que la maison met en avant depuis le début, et il n’a pas pris une ride. Dix ans de boutique, près de cinquante de biscuit : pour une recette rapportée d’Oran et cuite au départ dans une cuisine de famille, la trajectoire n’est pas banale.
Salon de Thé, Biscuiterie à Sète
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