Trois miles au large de Sète, une canne, plusieurs heures d’attente et, au bout de la ligne, un poisson que la plupart des pêcheurs du bassin de Thau ne verront jamais de leur vie. Le dimanche 2 août 2026, Ludovic, Florian et Jonathan, trois frères sétois, ont remonté un thon rouge de 230 kg mesurant 2,60 mètres. Tous les trois vivent de la pêche, entre le magasin spécialisé Poséidon, une activité de guide de sortie pêche et une entreprise de sorties en mer qu’ils gèrent ensemble. Ce dimanche-là, ils n’étaient pourtant partis que pour une journée de pêche ordinaire.

Le bateau était positionné à environ trois miles des côtes, soit 5,5 kilomètres, à portée de vue de l’île singulière. Après plusieurs heures d’attente au large, une touche, et tout de suite la sensation que ce n’est pas un poisson comme les autres. « Le poisson a mordu aux alentours de 13 h », racontent les frères. Le combat au bout de la canne fait remonter à la surface un thon rouge que personne à bord n’avait vu venir.
Impossible de hisser une pièce pareille dans l’embarcation. Les trois pêcheurs l’ont attachée par la tête et par la queue, puis ramenée le long de la coque, au ralenti, jusqu’au port. Sur le quai, la force des bras ne suffit plus non plus : il a fallu un portique de levage pour sortir le thon de l’eau et le peser. Un poisson de ce gabarit, on le croise plutôt à la criée aux poissons de Sète, où débarquent les prises des professionnels, très rarement au bout d’une canne de plaisance.


Les trois frères le disent eux-mêmes : depuis le temps qu’ils pêchent, ils n’avaient jamais entendu parler d’une telle prise à la canne. Des thons de cette taille circulaient encore largement au large des côtes languedociennes entre les années 1980 et le milieu des années 1990, avant de se raréfier. Espèce emblématique de la Méditerranée, le thon rouge est aujourd’hui encadré par des quotas internationaux, et sa pêche de loisir est soumise à autorisation. Cela n’empêche pas le poisson d’être très présent dans les assiettes sétoises, comme le montre notre sélection d’adresses pour manger du thon frais à Sète.

Le thon n’a pas fini sur un étal. Les trois frères ont choisi de le partager avec leurs proches, ce qui, vu la bête, a dû occuper quelques congélateurs et quelques tablées. Une sortie dont ils se souviendront longtemps, et une histoire qui circulera un moment sur les quais, du quai de la Marine aux pontons de plaisance. Pour le reste de l’actualité et des adresses de l’île, tout se passe sur la page Sète.
Crédits photos : Poséidon Sète
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