Il existe deux Balaruc, et on les confond souvent. Il y a la station thermale du bord de lagune, animée et moderne, et il y a l’autre, l’ancienne, celle qui se dresse sur sa colline comme un décor resté intact. Balaruc-le-Vieux est ce village perché au-dessus de l’étang de Thau, un bourg médiéval en circulade dont les ruelles s’enroulent en cercles concentriques autour de son coeur ancien. Petit par la superficie, généreux par ce qu’il révèle, il offre à qui prend le temps d’y monter une parenthèse rare, celle d’un Languedoc préservé où le temps semble s’être arrêté.
Une forme née du Moyen Âge : la circulade
Ce qui frappe d’abord à Balaruc-le-Vieux, c’est le dessin même du village. Sa géométrie circulaire, spécifique à de nombreux bourgs languedociens, n’est pas un hasard mais un héritage direct du Moyen Âge. Autour d’un point central, l’habitat s’est organisé en anneaux successifs, les maisons se serrant les unes contre les autres pour former une enceinte protectrice. On appelle ces villages des circulades, et Balaruc-le-Vieux en est un exemple caractéristique. Dans ses ruelles étroites et tortueuses, on croise encore les portes Louis XIII, les vestiges du château médiéval et une belle église Saint-Maurice du XIVe siècle, où se mêlent styles roman et gothique. Le village étant entièrement piétonnier, tout s’y explore à pied, en se laissant porter par la courbe des ruelles jusqu’au sommet.
L’église Saint-Maurice, dix siècles d’histoire
Au coeur de la circulade, l’église Saint-Maurice mérite qu’on s’y attarde. L’édifice est mentionné dès l’an 957, et s’il conserve quelques éléments romans, sa forme actuelle date du XIVe siècle. Son grand portail gothique s’ouvre sous un tympan encadré d’un triple cordon mouluré, dominé par une belle rosace à six trilobes entourant un cercle central hexagonal. Le clocher-mur à deux baies a été élargi pour prendre l’apparence d’une tour carrée, à laquelle une troisième baie a ensuite été ajoutée. À l’intérieur, la voûte du choeur intrigue par ses nombreux trous énigmatiques, répartis comme autant de « caissons acoustiques » équipés de poteries, tandis que la clef de voûte représente une forme ancienne de la croix de Toulouse. La nef, voûtée plus récemment, devait à l’origine être charpentée, à l’image de l’église Saint-Paul de Frontignan. On remarquera aussi le vitrail représentant saint Maurice, patron du village, ainsi qu’une meule brisée de l’ancien moulin, découverte dans l’autel. L’église se trouve rue de l’Église, en plein coeur du village piétonnier.
Deux Balaruc, deux destins
Longtemps, Balaruc ne fut qu’une seule commune. Les premières mentions du lieu remontent au Xe siècle, et des fouilles ont révélé la présence d’une cité antique développée à l’époque romaine, où l’on exploitait déjà les eaux pour leurs vertus thérapeutiques. Puis, le 11 décembre 1886, la commune se divise en deux entités distinctes. D’un côté Balaruc-le-Vieux, qui développe son agriculture et sa viticulture en restant fidèle à sa colline. De l’autre Balaruc-les-Bains, qui oriente sa croissance vers le thermalisme et l’industrie au bord de la lagune. Deux destins pour une même presqu’île, séparés par quelques kilomètres et des siècles d’histoire commune. C’est cette séparation qui explique la confusion fréquente entre les deux communes, et qui fait de la visite du vieux village une échappée vers le passé, quand sa voisine incarne le présent thermal.
Le panorama depuis la colline
Perché sur son piton, Balaruc-le-Vieux domine la lagune de Thau avec une sérénité qui lui est propre. Le point d’orgue de la visite se joue sur la place du Truc, d’où la vue embrasse la crique de l’Angle juste en contrebas, les collines de la Moure, le village de Bouzigues et ses parcs à huîtres, et, par temps clair, jusqu’aux Pyrénées à l’horizon. Les couchers de soleil y sont réputés magiques, quand la lumière rasante embrase les remparts restaurés et fait scintiller la lagune en contrebas. Deux parkings gratuits attendent les visiteurs au pied du village, près de la crique, d’où l’on rejoint le coeur ancien par les escaliers.
La crique de l’Angle et la nature préservée
Au pied de la colline, la crique de l’Angle est une zone humide classée Natura 2000 où la nature garde tous ses droits. On y observe facilement les flamants roses, les hérons et les aigrettes, dans un paysage de sansouire resté sauvage et authentique. Balaruc-le-Vieux est ainsi un véritable haut-lieu de la biodiversité locale, apprécié des amateurs d’ornithologie et de photographie animalière. Pour les amoureux du grand air et du vélo, la voie verte qui relie le village à Mèze offre des vues imprenables sur le bassin de Thau, le long de la lagune et de la crique. Un réseau de mobilité douce qui se prolonge vers Balaruc-les-Bains et, au-delà, vers Sète, faisant du vieux village une étape stratégique pour découvrir tout l’Archipel de Thau à vélo ou à pied.
Un village vivant : la fête médiévale
Balaruc-le-Vieux n’est pas qu’un décor figé, c’est un village ancré dans ses traditions. Chaque juillet, sa célèbre fête médiévale plonge les ruelles dans une ambiance d’autrefois. Princes et chevaliers en costumes d’époque défilent dans les rues, les cracheurs de feu et les jongleurs émerveillent les enfants, et le parfum du feu de bois embaume l’air. Le soir venu, un feu d’artifice tiré au-dessus de la crique de l’Angle atteint son apogée, les fusées illuminant la silhouette du village fortifié qui se découpe en ombre chinoise. Cet événement gratuit et familial, qui se tient sur deux jours, reste l’un des grands rendez-vous de l’été sur le Bassin de Thau, quand les remparts retrouvent les couleurs d’un autre temps.
Boire, manger et flâner autour du vieux village
Si le coeur ancien vit surtout au rythme des saisons et des fêtes, on trouve de bonnes tables à Balaruc-le-Vieux et ses abords. Sur l’esplanade même, La Caravelle propose une cuisine maison dans un cadre paisible, loin de l’agitation touristique, avec une terrasse tournée vers la place. Du côté de la zone commerciale, La Villa Bella régale les amateurs de cuisine italienne, pizzas et pâtes al dente dans une ambiance chaleureuse. Pour les courses et les emplettes, le secteur des deux Balaruc s’est doté du Marché d’Aymé, une galerie marchande facilement repérable à sa façade arrondie. Parmi les commerces de bouche du secteur, la poissonnerie André Di Maïo complète l’offre pour les amateurs de produits de la mer.
Dormir et se divertir sur place
Autour du village, quelques adresses permettent de prolonger le séjour. Côté loisirs, le mini-golf de l’Étang de Thau promet un moment ludique en famille, tandis que la ferme équestre Le Mas invite à découvrir les paysages de la commune à cheval. Côté hébergement, l’offre hôtelière se concentre à proximité de la zone commerciale, avec l’hôtel Première Classe Sète Balaruc, l’hôtel Campanile Sète Balaruc et l’hôtel L’Hippocampe, auxquels s’ajoutent plusieurs gîtes et locations chez l’habitant pour qui préfère dormir au plus près du vieux village. Enfin, un loueur de voitures, Happy Location, facilite les déplacements de ceux qui arrivent sans véhicule.
Prolonger la balade vers Balaruc-les-Bains
À quelques kilomètres, la station thermale voisine complète naturellement la découverte. Balaruc-les-Bains déroule ses respirations vertes au bord de la lagune, comme le Parc Sévigné, qui entoure le premier établissement thermal de la ville construit en 1753, ou le Parc Charles de Gaulle, un espace de rencontre et de détente à deux pas des thermes. Côté culture, le Théâtre de Verdure anime les soirées estivales de concerts et de cinéma en plein air. Entre la colline médiévale et la lagune thermale, les deux Balaruc offrent, à quelques minutes l’un de l’autre, deux visages d’un même territoire attaché à son eau et à son histoire.





