Les sentiers de randonnée pédestre du bassin de Thau

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Un territoire à parcourir à pied, entre garrigue et lagune

Le bassin de Thau ne se découvre pas seulement en vélo sur la voie verte du Lido. À pied, un tout autre territoire s’ouvre : celui des reliefs qui encadrent la lagune, où la marche permet de s’arrêter, de grimper, de contourner un rocher ou de s’attarder sur un point de vue. Deux massifs concentrent l’essentiel des sentiers balisés du secteur, le massif de la Gardiole au nord de Sète et les collines de la Moure au-dessus de Montbazin, auxquels s’ajoute une randonnée urbaine et forestière typiquement sétoise : l’ascension du Mont Saint-Clair. Trois façons différentes de gagner de la hauteur sur le bassin de Thau, chacune avec son ambiance, sa difficulté et sa récompense au sommet.

Le massif de la Gardiole, un balcon calcaire classé sur la lagune

Entre Montpellier et Sète, le massif de la Gardiole dresse une ligne de crête calcaire longue de 18 kilomètres, culminant à 234 mètres. Classé zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique depuis 1980, il abrite plus de 700 espèces végétales et compte parmi les sites les plus riches en biodiversité du secteur. La garrigue y est omniprésente : thym, romarin, cistes cotonneux et chênes kermès rabougris par le vent composent un paysage odorant qui change à chaque saison.

Le point de départ le plus emprunté est l’Abbaye Saint Félix de Montceau, ancien monastère bénédictin fondé en 1092 au cœur du massif, au-dessus du village de Gigean. Depuis ses jardins monastiques restaurés, deux itinéraires balisés partent à l’assaut de la Gardiole. Le premier, « Autour de l’abbaye », est une boucle familiale de 6,5 km (environ 2 heures, niveau facile) qui s’élève progressivement à travers la garrigue, longe des murs en pierres sèches (les fameuses capitelles) et rejoint un col offrant une première vue sur l’étang de Thau et les villages de Bouzigues et Mèze au loin. Sur ce circuit, la montée jusqu’au Roc d’Anduze récompense l’effort par un belvédère qui embrasse d’un seul regard Sète et la lagune de Thau. Le second, « Saint-Félix en Gardiole », prolonge la balade sur 14,5 km (environ 4h30, niveau moyen) en poussant jusqu’aux anciens puits de pétrole du plateau, témoins d’une exploitation du XXe siècle aujourd’hui oubliée.

Un troisième itinéraire, la « randonnée des Balcons de Thau » (2h30, 7,5 km, facile), traverse une pinède odorante avant de déboucher sur un panorama qui embrasse à la fois le vignoble de Frontignan, l’étang de Thau, le Mont Saint-Clair et, par temps clair, la Méditerranée jusqu’à l’horizon. Le sol y est caillouteux : de bonnes chaussures de marche sont indispensables.

Les collines de la Moure, capitelles et panorama à 360° depuis Montbazin

Au sud-ouest de Montpellier, à la croisée de la lagune de Thau et du plateau d’Aumelas, Montbazin est le point de départ naturel des collines de la Moure. Le village lui-même mérite une halte avant ou après l’effort : ses ruelles pavées et sa chapelle romane Saint-Pierre, ornée de fresques aux influences byzantines rares dans la région, racontent un passé médiéval que les associations locales font régulièrement revivre lors de visites guidées.

La randonnée des Collines de la Moure (environ 4h, 12,5 km, niveau moyen) part du parking de la rue Cami de la Trappe, traverse le chemin d’Antonègre pour sortir du village, puis s’élève en sentier vers les contreforts du plateau d’Aumelas. Le parcours serpente dans une garrigue de chênes kermès ponctuée de capitelles remarquablement conservées, ces cabanes de pierres sèches qui abritaient autrefois les bergers. Il culmine sur un point de vue panoramique à 360° embrassant Sète et l’étang de Thau. Un audio-guide (disponible via l’application Izi Travel, créée par l’ONF et la ville de Sète) accompagne les marcheurs sur les traces de Fernande, une bergère fictive qui raconte la vie dans le massif de la Moure au fil des époques.

Plus au sud, du côté de Loupian, un nouveau sentier de randonnée est venu enrichir l’offre de plein air : la boucle de Marinesque à Cambelliès, longue de 11 km (environ 3 heures, niveau moyen), traverse le site gallo-romain de Marinesque et un tronçon de la voie Domitienne avant de longer le lac de Cambelliès, refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux comme le guêpier d’Europe. Ce circuit a obtenu le label FFRandonnée, gage de qualité de balisage, et propose une variante accessible aux personnes à mobilité réduite grâce à une joëlette mise à disposition par l’association du Mas Troquet.

Le Mont Saint-Clair, la randonnée urbaine qui domine Sète

Contrairement aux deux massifs précédents, la randonnée du Mont Saint-Clair se pratique presque en ville. Cet ancien volcan qui culmine à 183 mètres donne à Sète sa silhouette si particulière, resserrée entre mer et lagune. L’ascension à pied traverse la Forêt des Pierres Blanches, une pinède domaniale de plus de 20 hectares où les sentiers balisés serpentent parmi les roches calcaires jurassiques qui donnent son nom au site. Panneaux pédagogiques, tables de pique-nique et une table d’orientation ponctuent le parcours, qui abrite près de 400 espèces végétales.

Pour démarrer la marche sans dépendre d’une voiture en centre-ville, le Parking des Pierres Blanches offre une soixantaine de places gratuites, accessibles aux personnes à mobilité réduite, directement sur le flanc ouest du mont. Au sommet, deux monuments jalonnent la balade : la Chapelle Notre Dame de la Salette, sanctuaire marial bâti sur les vestiges d’un fort du XVIIe siècle, et le Phare du Mont Saint Clair, surnommé « l’œil mobile » par Paul Valéry, dont la lanterne signale l’entrée du port depuis 1903. Depuis le belvédère, la vue s’étend sur les canaux de la ville, les parcs à huîtres de l’étang de Thau et, par temps clair, jusqu’aux Pyrénées.

Côté mer et côté lagune, les promenades du littoral

Face aux reliefs de la Gardiole et de la Moure, le littoral réserve des marches sans dénivelé qui ne manquent pas de caractère. La randonnée des Aresquiers parcourt le bois littoral qui sépare les étangs de la mer, du côté de Frontignan : une pinède posée entre eau douce et eau salée, où la balade peut se conclure les pieds dans le sable à la Plage des Aresquiers, restée sauvage et à l’écart des stations. Toujours côté mer, la promenade des anciens salins de Frontignan longe les bassins d’une ancienne exploitation salinière, un itinéraire à plat qui change radicalement des crêtes calcaires. Côté lagune enfin, le Domaine de Bellevue figure parmi les promenades répertoriées au bord de l’étang de Thau, tout comme la promenade Brassens Spinozi, recensée comme itinéraire accessible aux personnes à mobilité réduite.

Parcours urbains et balades thématiques, marcher sans quitter la ville

La marche ne s’arrête pas aux portes des massifs : plusieurs parcours urbains balisés invitent à arpenter les villes du bassin autrement. À Sète, quatre itinéraires thématiques sillonnent les quartiers et les pentes du Mont Saint-Clair : le chemin des Pèlerins, le chemin des Baraquettes, qui évoque ces petits cabanons où les familles sétoises venaient passer le dimanche sur les flancs du mont, le chemin du Phare Saint-Clair et le parcours « Sur les traces de Barberoussette ». À Balaruc, le parcours urbain de la presqu’île fait le tour de la station thermale avancée dans l’étang de Thau, tandis qu’à Frontignan le parcours « Art dans la rue » relie les œuvres installées dans l’espace public. Enfin, la balade des gueules rouges marche sur les traces des anciens mineurs de bauxite, ces « gueules rouges » dont le surnom vient de la poussière du minerai qui colorait les visages.

Conseils pratiques avant de partir

Ces trois massifs partagent les mêmes précautions de bon sens. L’été, la garrigue est particulièrement sensible au risque incendie : il est recommandé de consulter la carte des risques avant toute sortie et de renoncer en cas d’alerte. Prévoir systématiquement de bonnes chaussures de marche, de l’eau en quantité suffisante (les points d’eau sont rares en garrigue) et un chapeau, car l’ombre manque sur les crêtes. Les chiens doivent rester tenus, notamment dans les zones de nidification. Enfin, rester sur les sentiers balisés protège à la fois les marcheurs, qui évitent de se perdre dans un relief parfois trompeur, et la flore rare de ces espaces classés. Pour compléter la découverte du secteur avant ou après la marche, le guide de visite de Sète recense les incontournables de la ville à explorer entre deux sorties nature.

Question fréquemment posées

Le circuit « Autour de l’abbaye », au départ de l’Abbaye Saint Félix de Montceau à Gigean, est le plus accessible : 2 heures, 6,5 km, sans difficulté technique, avec un premier point de vue sur l’étang de Thau.
Oui, la randonnée des Collines de la Moure (4h, 12,5 km, niveau moyen) se prête à une sortie en famille grâce à son audio-guide ludique, et la boucle voisine de Marinesque à Cambelliès propose même une variante en joëlette pour les personnes à mobilité réduite.
Le Parking des Pierres Blanches, gratuit et accessible PMR, se trouve directement sur le flanc ouest du mont et sert de point de départ aux sentiers balisés de la Forêt des Pierres Blanches.
Oui, la garrigue du massif de la Gardiole comme des collines de la Moure est particulièrement sensible en été : il est recommandé de vérifier le niveau de risque avant de partir et de renoncer en cas d’alerte.

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