Un portail né pour raconter la nature du bassin de Thau
Derrière une lagune que l’on regarde souvent pour ses huîtres et ses joutes se cache un autre trésor, plus discret : une biodiversité d’une richesse rare, mais fragile. C’est pour la faire connaître, et surtout pour apprendre à la respecter, que le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT) a mis en ligne au printemps 2020 le portail thaunature.fr. Ni musée, ni simple brochure numérique, cet outil se présente comme un inventaire vivant, pensé pour évoluer au fil des observations et des saisons, à destination des habitants comme des visiteurs curieux d’aller un peu plus loin que la carte postale.
Un inventaire de plus de 130 espèces animales
Le chiffre donne la mesure du travail engagé : thaunature.fr recense plus de 130 espèces animales du territoire, à voir, à lire et parfois même à entendre. Oiseaux nicheurs des lidos, insectes des garrigues, reptiles, poissons de la lagune, coquillages et crustacés y sont présentés aux côtés de toute une palette d’habitats naturels, des herbiers de zostère sous-marins aux salins et zones humides. Le portail ne se contente pas de lister ces espèces : il replace chacune dans son milieu, pour donner à comprendre pourquoi telle plage, tel bois ou telle roselière compte autant pour elle.
Neuf zones Natura 2000, terrestres et maritimes
Le territoire de Thau n’est pas classé au hasard. Thaunature.fr rappelle que pas moins de neuf zones, terrestres et maritimes, y sont classées Natura 2000. La plus vaste, le site de la lagune de Thau, s’étend sur 8 320 hectares dont 7 000 hectares de lagune proprement dite, à cheval sur neuf communes du bassin ; quinze espèces d’oiseaux et dix-neuf habitats y bénéficient d’une protection rapprochée depuis 2012. Plus au nord, le site Natura 2000 de la plaine de Villeveyrac-Montagnac couvre 5 500 hectares de garrigues et de petites parcelles agricoles où niche notamment le rare faucon crécerellette. C’est cette mosaïque, de la mer intérieure aux collines, que le portail du SMBT permet de parcourir sans se déplacer.
Un outil pédagogique pensé pour la balade
Ce qui distingue Thaunature d’un simple catalogue, c’est sa vocation pratique. Le site décrypte les bonnes pratiques à adopter en balade pour profiter de cette nature généreuse sans l’altérer : distance à respecter avec les oiseaux nicheurs, sentiers à privilégier, périodes de sensibilité à connaître avant de partir crapahuter sur les lidos ou dans les garrigues. La démarche déborde même de l’écran : la richesse du territoire lagunaire s’affiche aussi sur des bâches, panneaux et maquettes conçus pour des expositions itinérantes, que l’on croise parfois lors d’un marché ou d’une animation locale.
De l’écran au terrain, à Sète et à Mèze
Le meilleur usage d’un tel inventaire reste de s’en servir avant de sortir marcher. Sur le lido sétois, la Plage Jalabert incarne bien cette cohabitation entre loisir et sanctuaire pour les oiseaux, un principe que rappelle aussi l’article consacré à la vigilance sur la lagune et le lido de Thau lors des nidifications de printemps. Ceux qui veulent voir la biodiversité sous l’eau plutôt que sur le papier peuvent tenter le sentier sous-marin de Mèze, accessible sans expérience de plongée. À Bouzigues, le Musée de l’Étang de Thau consacre une section entière à la faune de la lagune, aquariums à l’appui, en complément direct de ce que raconte le portail du SMBT. Et pour ceux qui préfèrent observer la vie aquatique une canne à la main, le bon plan Pêche Étang de Thau détaille les espèces qui peuplent réellement ces eaux. Sur place à Mèze, l’Office de Tourisme reste le bon point de départ pour organiser sa sortie. Plus largement, le bon plan Attractions sur le Bassin de Thau et l’article sur le label Archipel de Thau, Green Destinations resituent cette biodiversité dans une démarche territoriale plus large de tourisme durable. Signe que cette nature reste bien vivante et parfois surprenante, un épisode comme celui du crabe bleu repéré dans l’étang de Thau rappelle que l’inventaire, lui, n’est jamais tout à fait figé.








