Une école née des souscriptions de 1891
L’École des Beaux-arts de Sète est un établissement municipal d’enseignement artistique dans le domaine des arts visuels. Elle a été créée en 1891, en même temps que le musée des beaux-arts, grâce aux souscriptions d’entrepreneurs et d’artistes de la région. Ses premiers enseignements n’avaient rien de contemplatif : dessin de perspective et d’architecture, taille de pierre et stéréotomie, pour former les mains qui allaient orner les façades des avenues bourgeoises et des quais. Certains de ces élèves ont probablement travaillé aux sculptures de la façade du théâtre Molière, signées Jean-Antoine Injalbert. L’établissement est aujourd’hui dirigé par Jean-Marie Boizeau.
Une villa Art nouveau posée dans un parc
Le bâtiment est une histoire à lui seul. En 1826, une maison néo-classique est bâtie sur les pentes du Mont Saint-Clair, au cœur du domaine Maillac : quatre baies en plein cintre au rez-de-chaussée, quatre fenêtres à l’étage, un large œil-de-bœuf au centre. Elle sert d’atelier au peintre et graveur Antonin-Marie Chatinière de 1890 à 1904, dont une toile du jardin est conservée au musée Paul Valéry. Au début du XXe siècle, la famille Chauvain la fait agrandir dans le goût du jour : l’architecte Léon Rosiès ceinture la demeure d’une grande verrière à vitraux aux iris, ajoute un escalier de chêne et une tourelle. La Ville de Sète achète le domaine en 1964, l’école s’y installe en 1969, et de 1988 à 2007 le lieu abrite aussi la résidence d’artistes et maison d’édition La Villa Saint-Clair. Autour, un parc de 7 000 m² sert de jardin d’atelier, avec des espaces de travail aménagés en extérieur.
Six cents élèves par semaine, du dessin à la performance
L’école accueille chaque semaine environ 600 élèves, enfants, adolescents et adultes, en pratique amateur. Les ateliers couvrent la peinture, la sculpture, le dessin, le design d’objet, la céramique et le modelage, la gravure, la micro-édition, les arts numériques, la photographie, la performance, l’écriture et l’histoire de l’art, avec des presses, des fours céramique et des équipements numériques et audiovisuels sur place. S’y ajoute la classe préparatoire aux concours des écoles supérieures d’art et de design, créée en 1961, la plus ancienne de France, qui accueille une trentaine d’étudiants à temps plein. L’école est agréée par le ministère de la Culture et membre du réseau national des prépas publiques APPEA.
Une école qui travaille hors de ses murs
L’établissement pilote le service pédagogique et les ateliers d’arts plastiques du MIAM, sous le nom de la Petite Épicerie, et anime un pôle appelé Extra Beaux qui emmène la pratique artistique vers d’autres terrains : santé, social, éducation, sciences de l’environnement. Sa programmation culturelle, conférences et rencontres, reste ouverte gratuitement au grand public, et les espaces d’atelier s’ouvrent une fois par an à la Fête des Ateliers, en juin. Cette porosité entre l’école, les musées et les associations est détaillée dans le wiki d’Ici7 sur l’éducation artistique et culturelle sur le bassin de Thau.
Y aller
L’école occupe les hauteurs du centre, à deux pas du lycée Paul Valéry et à quelques minutes du parc Simone Veil. En voiture, le parking des Halles est le plus commode, à environ 270 mètres en contrebas, la rue étant étroite et la pente sérieuse. À pied depuis les quais, comptez la montée : elle explique aussi la vue dont bénéficient les ateliers.



