Un phare né avec le port de Sète
Planté au bout du môle Saint-Louis, le phare Saint-Louis est l’un des tout premiers ouvrages de Sète. Quand le roi Louis XIV et son ministre Colbert décident, en 1666, de créer un port d’abri pour les galères royales et un débouché maritime pour les productions du Languedoc (le futur canal du Midi doit y trouver son issue), c’est le chevalier de Clerville qui dirige les travaux. La grande jetée commence à sortir de l’eau dès 1669 ; un premier projet de fanal pour signaler l’entrée du chenal est proposé en 1673, mais la jetée elle-même n’est achevée qu’en 1682, année où débute la construction du phare proprement dit.
Le nom du phare et du môle ne rend pas hommage à un saint protecteur des marins, contrairement à une confusion fréquente : à Sète, c’est Saint-Pierre qui est le patron des pêcheurs, célébré chaque année par sa propre fête. Saint-Louis désigne le roi Louis IX, dont le nom a été donné au port et à l’ouvrage en hommage au souverain fondateur, Louis XIV ayant lui-même choisi de placer sa création sous ce patronage royal.
Une architecture reconstruite au fil des siècles
Le premier phare, sommaire, n’était qu’un simple fanal. Il subit de plein fouet la tempête d’octobre 1683 et dut être repris. Le monument a ensuite connu plusieurs améliorations techniques majeures : en 1771, il devient le premier phare de France équipé d’une haute lanterne vitrée et d’une lampe à huile. La tour cylindrique en pierre de taille que l’on visite aujourd’hui, à l’architecture néo-classique, date quant à elle de 1861.
Comme une grande partie du môle et du front de mer sétois, le phare est partiellement détruit par les mines allemandes en 1944. Il est reconstruit à l’identique dans les années qui suivent et retrouve sa fonction de balise à la fin des années 1940. Sa lumière rouge fixe, visible jusqu’à 28 kilomètres au large, continue de signaler l’entrée du chenal aux navigateurs. Avec ses 33,5 mètres de hauteur et son escalier hélicoïdal de 126 marches, il reste un repère incontournable dans le paysage maritime de la ville.
La promenade du môle Saint-Louis
Pour rejoindre le phare, il faut emprunter le môle Saint-Louis, cette jetée de 650 mètres construite dès la fondation de Sète le 29 juillet 1666. C’est aujourd’hui l’une des promenades les plus prisées du front de mer, entre le port de plaisance et ses quelque 300 anneaux, le port de commerce et la vieille ville. Sur le phare lui-même est gravé un vers du poète sétois Paul Valéry : « Son œil mobile mêle aux éclairs de périls l’eau riante et la danse infidèle des vagues », un hommage littéraire qui rappelle le lien étroit entre l’écrivain, la ville et la mer. Les curieux peuvent prolonger la découverte de l’œuvre de Valéry au Musée Paul Valéry, sur les hauteurs du Mont Saint-Clair.
Visiter le phare aujourd’hui
Le phare Saint-Louis est ouvert au public de façon saisonnière, généralement d’avril à octobre, avec des créneaux resserrés en dehors de l’été. La montée, non adaptée aux poussettes, aux fauteuils roulants ni aux personnes sujettes au vertige, se mérite : comptez environ une heure pour les 126 marches, chaussures confortables recommandées. L’entrée est payante (de l’ordre de quelques euros par adulte selon les périodes), avec une gratuité pour les jeunes enfants ; des visites commentées sont proposées par l’Office de Tourisme Archipel de Thau, avec réservation conseillée en haute saison. Une fois en haut, la récompense est à la hauteur de l’effort : un panorama à 360° sur le port de commerce, le port de plaisance, la vieille ville et, par temps clair, l’étang de Thau.
Horaires, tarifs et coordonnées à jour figurent sur la fiche pratique du phare Saint-Louis, à consulter avant de programmer sa visite. Le phare fait aussi partie du programme des Journées Européennes du Patrimoine, qui proposent chaque année une ouverture exceptionnelle et gratuite au public, par créneaux organisés.
Un patrimoine à l’échelle de la ville
Le phare Saint-Louis n’est pas l’unique repère lumineux de Sète : sur le Mont Saint-Clair veille le phare du Mont Saint-Clair, plus récent (1903), qui signale l’entrée du port mais ne se visite pas. Sa silhouette octogonale complète, depuis les hauteurs, celle du phare du môle. Les visites commentées du phare Saint-Louis s’inscrivent aussi dans un réseau plus large de découvertes culturelles portées par l’Office de Tourisme Archipel de Thau, aux côtés d’autres incontournables sétois comme le Musée Paul Valéry, le MIAM, l’Espace Georges Brassens ou le Théâtre Molière, qui proposent chacun leurs propres visites et expositions.






