Un village millénaire au bord de la Vène
Montbazin s’étire dans la plaine de la Vène, ce petit cours d’eau qui traverse le village avant de filer vers l’étang de Thau. Adossé aux collines de la Moure, entre garrigue et vignobles, ce village languedocien de l’Hérault cultive une douceur de vivre discrète : ruelles pittoresques, terrasses à l’ombre des platanes, maisons vigneronnes du XIXe siècle et un jardin méditerranéen ouvert à tous. Dernière halte avant les contreforts du plateau d’Aumelas, Montbazin est aussi l’une des communes du Bassin de Thau les plus riches en histoire.
Son passé remonte à l’Antiquité : le village s’est construit sur la Via Domitia, la voie romaine qui reliait l’Italie à l’Espagne en longeant la Méditerranée. Le Forum Domitii, daté de 117 avant J.-C., est localisé à l’emplacement actuel de la commune, et les fouilles ont révélé que des potiers y cuisaient amphores et tuiles dans plusieurs fours. Deux mille ans plus tard, ce passé antique se lit encore dans les pierres du bourg.
La chapelle Saint-Pierre et le cœur ancien
Le joyau du village est la chapelle Saint-Pierre, édifice roman construit aux XIe et XIIe siècles. Elle abrite de rares fresques romanes d’inspiration italo-byzantine, uniques dans la région, qui valent à elles seules le détour. Autre curiosité : un passage sous le chœur donnait autrefois accès au château féodal. Autour de la chapelle, le cœur ancien se découvre à pied, de l’espace des Colonnades au beffroi de l’ancienne chapelle des Pénitents, en passant par le Jardin Méditerranéen, havre de verdure qui accueille aujourd’hui des œuvres d’art contemporain du parcours des versants de Thau. Le Cercle de Recherches sur le Patrimoine Montbazinois organise régulièrement des balades commentées, comme la visite guidée de Montbazin historique au départ de la place de l’église.
Classée Monument Historique en 1964, la chapelle accueille aujourd’hui des expositions ainsi que des concerts de musique ancienne et de chant choral, servis par une acoustique remarquable. L’espace des Colonnades a lui aussi son histoire : ces élégantes colonnes du XVIIIe siècle appartenaient à un château élevé par la famille de Lavergne, racheté par la mairie en 1897, longtemps occupé par une école avant de devenir un lieu de promenade. Au Jardin Méditerranéen, on découvre notamment O’Assis, une œuvre de Pedro Marzorati installée en 2025 dans le cadre du parcours les versants de Thau.
Le Moulin de Juffet, sentinelle de la garrigue
Sur les hauteurs du village, le Moulin de Juffet est un moulin à vent, témoin du passé agro-rural de la plaine. Sa construction primitive remonterait au XVe siècle : le moulin de Juffet aurait alors appartenu aux évêques de Maguelone, également propriétaires de la chapelle Saint-Pierre. Connu sous le nom de Jeffet jusqu’au XVIIIe siècle, il apparaît dans des écrits dès 1629, et son activité reste soutenue durant les XVIIe et XVIIIe siècles, occupant une place importante dans la vie de Montbazin et de Gigean. Le bâti visible aujourd’hui a cependant été plusieurs fois remanié au fil des siècles, ce qui explique que certaines sources le situent plutôt au XIXe siècle : un courrier de 1838 atteste que le moulin de Juffet tourne encore à cette époque.
Le site de Juffet comptait autrefois deux moulins : l’un à eau, au bord de la Vène, l’autre à vent, celui que l’on visite aujourd’hui. La révolution industrielle a contribué à l’abandon progressif du moulin vers 1850. En 1940, le moulin à eau, rempli de munitions par l’armée allemande, a explosé ; le moulin à vent, tout proche, a résisté au souffle grâce à sa construction, une dalle de béton posée après-guerre ayant protégé son gros œuvre.
Restauré grâce à l’engagement de son propriétaire Pierre Benau, avec le soutien de l’association Forum de Montbazin et de la Fondation du Patrimoine, le Moulin de Juffet a été sélectionné par le Loto du Patrimoine en 2019 puis inauguré le 25 juin 2022. Il produit à nouveau de la farine, faisant revivre les techniques meunières et valorisant les céréales anciennes. Il offre un point de vue saisissant sur la garrigue et les vignobles environnants, et se rejoint à pied depuis le village. Le site s’anime chaque année lors de la Fête du Moulin au domaine de Juffet : démonstrations de mouture, repas de terroir et animations autour du patrimoine meulier.
Des démonstrations de mouture sont également proposées lors des Journées du Patrimoine en septembre, et l’on peut repartir avec un souvenir gourmand : de la farine de blé moulue sur place, vendue directement au moulin. Le Moulin de Juffet accueille aussi toute l’année les scolaires du territoire dans le cadre du programme d’éducation à l’environnement de Sète agglopôle méditerranée : une visite animée par les bénévoles de l’Association d’exploitation du moulin de Juffet (AEMJ) fait découvrir aux enfants l’histoire du moulin et la biodiversité qui l’entoure, avant qu’ils ne confectionnent leur propre pain cuit dans le four à bois du site.
La randonnée des collines de la Moure
Montbazin est le point de départ de la fameuse randonnée des collines de la Moure, qui grimpe vers les contreforts du plateau d’Aumelas. La boucle traverse une garrigue de chênes kermès ponctuée de capitelles, ces cabanes de pierres sèches élevées par les bergers et les vignerons, avant d’atteindre le point culminant de la colline et son panorama à 360 degrés sur Sète, l’étang de Thau et la plaine. Le retour se fait par le Jardin Méditerranéen et les ruelles du vieux village. D’autres idées de sorties nature et de sites remarquables sont à retrouver parmi les attractions du Bassin de Thau.
Pour enrichir la balade, un audioguide à télécharger donne la parole à Fernande, une bergère de Montbazin qui raconte le village des années 1950, la draille et la transhumance : une formule immersive qui plaît autant aux enfants qu’aux adultes. Des parkings gratuits sont disponibles au centre du village et aux principaux départs de randonnée.
Une terre de vignerons
Impossible d’évoquer Montbazin sans parler de ses vignes : le village est connu par l’étiquette de ses crus classés IGP Vins des collines de la Moure, et ses maisons vigneronnes du XIXe siècle rappellent que la viticulture façonne le paysage et l’économie locale depuis des générations. Les viticulteurs du cru accueillent volontiers les visiteurs pour des dégustations, dans la tradition œnotouristique du Bassin de Thau.
En flânant dans les rues, observez les façades de ces maisons vigneronnes : certaines sont ornées de coquillages ou de motifs sculptés qui témoignent du savoir-faire artisanal local. Les dégustations chez les viticulteurs se font plus nombreuses lors des manifestations estivales.
Fêtes, marché et vie de village
La vie montbazinoise bat au rythme de rendez-vous fidèles. Fin juin, la fête locale de Montbazin enchaîne feu de la Saint-Jean, abrivado, bandido et toro piscine avec le Club Taurin Lou Bazin Biou, et soirées musicales au jardin public. Au printemps, la Fête de la Garrigue portée par le Festival de Thau fait rimer nature, arts et musiques autour de l’univers des garrigues. L’hiver venu, le marché de Noël à la salle Marcelin Albert réunit artisans et producteurs, tandis que les lotos des associations montbazinoises animent les week-ends. Le marché hebdomadaire se tient chaque dimanche matin sur la place du Jardin Public, avec producteurs locaux et animations conviviales.
Ces rendez-vous font aussi le bonheur des familles : ateliers créatifs et pédagogiques à la Fête de la Garrigue, animations et manèges à la fête locale de juin.
Capitale française de la biodiversité
En septembre 2024, Montbazin a été désignée meilleure commune pour la biodiversité dans la catégorie des moins de 20 000 habitants. Cette reconnaissance nationale salue un engagement de longue haleine : gel de l’urbanisation depuis 2020, Atlas de la biodiversité communale mené avec les villages voisins de Poussan et Villeveyrac, réduction de 65 % de la consommation d’éclairage public et préservation des garrigues qui abritent des espèces protégées. Le village s’inscrit par ailleurs dans la démarche Green Destinations de l’Archipel de Thau, en faveur d’un tourisme respectueux de l’écosystème des garrigues méditerranéennes.
Montbazin dans l’Archipel de Thau
À environ 22 km de Sète et 23 km de Montpellier (autoroute A9, sortie 33), Montbazin se rejoint aussi en bus par la ligne 22 depuis la gare de Sète. Le village voisine avec Poussan, Villeveyrac et Gigean, où l’abbaye Saint-Félix de Montceau veille sur le massif de la Gardiole. Entre patrimoine roman, garrigue et vignes, Montbazin incarne le versant intérieur du Bassin de Thau : celui des villages qui prennent leur temps, et qu’on n’oublie pas.
Depuis la restructuration du réseau Sète Agglopôle Mobilité en janvier 2026, le village est desservi par les lignes 13 et 22 depuis Sète, Frontignan, Balaruc et Gigean, y compris le dimanche et les jours fériés. À vélo, la voie verte qui fait le tour de l’étang de Thau passe à proximité et relie Montbazin à Gigean, Balaruc-le-Vieux et Mèze. Les distances se prêtent au rayonnement : Gigean est à 2 km, Poussan à 6 km, Bouzigues et Villeveyrac à 8 km, Mèze à 12 km. Village de garrigue sans accès direct à la lagune, Montbazin trouve ses plages de baignade du côté de Bouzigues et Balaruc-les-Bains (8 km), Frontignan (9 km) ou Mèze (12 km), aux eaux calmes et peu profondes appréciées des enfants.









