Un village de pêcheurs né d’un remblai
La Pointe Courte s’étend au nord de Sète, entre le canal et l’étang de Thau, à l’écart du centre. Le quartier n’existait pas avant le milieu du XIXe siècle : c’est le remblaiement lié à l’arrivée du chemin de fer qui a créé cette langue de terre, aussitôt investie par les pêcheurs pour y bâtir leurs cabanons.
Cent soixante-dix ans plus tard, la trame tient toujours. Maisons basses aux façades colorées, ruelles étroites qui ne mènent nulle part sauf à l’eau, filets qui sèchent le long des quais, barques amarrées devant les portes. Les noms des voies disent l’essentiel de ce qui s’y vit : traverse des Jouteurs, traverse des Rameurs, rue de la Pétanque.
Les habitants s’appellent les pointus, et le quartier fonctionne comme un village dans la ville, avec sa société de joutes et sa fête annuelle.
La daurade, Varda et une fresque
Deux choses ont fait connaître la Pointe Courte au-delà de Sète.
La première est la pêche à la daurade. Chaque année en octobre, des centaines de pêcheurs s’installent le long du canal, sur les deux rives, pour la saison. C’est le moment où le quartier est le plus animé, et le plus photographié. En face, sur l’autre berge, la station de biologie marine rappelle que l’étang est aussi un objet d’étude.
La seconde est le cinéma. Agnès Varda y a tourné en 1955 son premier film, La Pointe Courte, qui porte le nom du quartier. Elle avait un lien personnel avec le lieu, ayant vécu sur un bateau à Sète pendant la Seconde Guerre mondiale. Une fresque lui rend hommage quai du Mistral, réalisée en 2019 par l’artiste américaine Barbara Carrasco.
Y venir sans déranger
C’est un quartier habité, pas un site touristique. Il n’y a ni commerce, ni parcours balisé, ni panneau explicatif : on marche lentement, on regarde, et on repart. Les ruelles sont étroites et les habitants chez eux, ce qui appelle une discrétion élémentaire, surtout à l’heure des repas.
La voiture n’a rien à y faire non plus. Le parking de la Pointe Courte, allée des Jeux de Boules, marque la limite : une trentaine de places gratuites à l’entrée du quartier, avec une hauteur limitée à 2,20 mètres. Trente places, c’est peu, et les jours de fête ou de saison de daurade, elles partent tôt.
Le mieux reste de venir sans voiture. L’arrêt de bus Gare SNCF Nord est à cent quarante mètres du parking, avec les lignes A, 10 et 12, et la ligne 2 marque un arrêt qui porte le nom du quartier. Depuis le centre, la marche le long du canal prend une vingtaine de minutes et vaut le détour. Si le parking est complet, le Mas Coulet est le repli gratuit le plus proche, et Ici7 compare toutes les options dans sa page sur le stationnement à Sète.



