La barque, pièce maîtresse des joutes languedociennes
Impossible de comprendre les joutes languedociennes sans connaître la barque qui les porte. Pour celles et ceux qui ne maîtrisent pas encore tout le vocabulaire, voici une petite séance de rattrapage, afin que vous ne soyez plus perdus lorsqu’on parle de tintaine, de bigue ou de plancher. Chaque terme désigne une partie précise de l’embarcation et de son équipage, cette longue barque effilée qui fait la fierté de Sète et défile chaque année lors d’Escale à Sète.
L’avant, un contrepoids essentiel
L’avant : il est lesté de près de 600 kg afin de faire contrepoids et de compenser le poids de la bigue, où sont installés les jouteurs. Ce contrepoids permet aux deux barques de ne pas s’écarter l’une de l’autre au moment de l’impact, quand les rameurs lancent les embarcations l’une vers l’autre et que les tireurs s’affrontent, lance et pavois en main, au sommet de la tintaine.
La barque dans le déroulé du tournoi
La barque n’est pas seulement un décor : elle structure tout le combat de joutes. Deux barques de couleur opposée, traditionnellement une bleue et une rouge à Sète, se croisent sur le plan d’eau. À chaque passe, les jouteurs juchés sur la tintaine tentent de faire tomber l’adversaire à l’eau sans perdre eux-mêmes l’équilibre. La coordination des rameurs, des barreurs et des musiciens (hautbois et tambour rythment chaque passe) est déterminante pour l’issue de la rencontre.
Le respect des règles à bord est surveillé de près par le jury, les équipages et les jouteurs. Certains gestes sont proscrits : les fautes et coups interdits peuvent entraîner une sanction disciplinaire, voire la disqualification, afin de préserver l’esprit sportif et la sécurité de tous.
Un tournoi ancré dans la tradition setoise
Le grand rendez-vous des joutes à Sète est le tournoi de la Saint-Louis, organisé chaque été en l’honneur de Saint Louis, le roi qui décida de la fondation du port de Sète. Il ne faut pas le confondre avec la Saint-Pierre, fête des marins pêcheurs : la Saint-Louis, elle, célèbre la cité et son histoire maritime, et voit les meilleurs jouteurs s’affronter pour inscrire leur nom au palmarès.
De la formation des plus jeunes lors des joutes juniors jusqu’à l’engagement des adultes, chacun peut apprendre à monter sur la tintaine et devenir jouteur, avec l’inscription et la tenue officielle qui vont avec. La barque, avec son avant lesté et sa bigue dressée vers le ciel, reste le cœur battant de cette tradition unique.






