Mèze, plus ancienne cité de l'Archipel de Thau

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Posée sur la rive nord de la lagune de Thau, à une vingtaine de kilomètres de Sète, Mèze revendique un titre que personne ne lui conteste : celui de plus ancienne cité de l’Archipel de Thau. Son nom viendrait du phénicien et signifierait « endroit élevé d’où s’élève une fumée », une image qui dit déjà tout de cette ville tournée vers l’eau, visible de loin et rayonnante. Ici, l’histoire ne se range pas dans un musée : elle se lit dans les pierres des ruelles, se goûte sur les pontons des mas conchylicoles et se boit dans un verre de Picpoul bien frais. Plus grand port du bassin de Thau, Mèze cultive un art de vivre où la pêche, la vigne et l’huître composent depuis des millénaires un même paysage méditerranéen, généreux et sans façon.

Une cité née des Phocéens, sur les rives de la lagune

Tout commence au VIe siècle avant notre ère. Avec l’arrivée des Phocéens, navigateurs grecs venus fonder des comptoirs le long du littoral, les premières agglomérations apparaissent au bord de la lagune de Thau. Naît alors Mesua, l’ancêtre de Mèze. Un port s’y développe très tôt et la cité prospère grâce au commerce maritime, à la culture de la vigne et à la richesse piscicole de l’étang. Les chroniques locales rapportent même que les premières huîtres y auraient été élevées dès cette époque, bien avant que la conchyliculture ne devienne une industrie. Grecque, puis romaine, puis médiévale et marchande, Mèze a traversé les siècles sans jamais perdre son ancrage : la mer, le port, le goût du large.

Ce long passé se devine encore dans le centre historique. La chapelle des Pénitents, dressée sur son promontoire face à la lagune, le château de Girard et ses jardins à la française, ou encore les halles couvertes de style Baltard, édifiées en 1908, racontent chacun une époque différente de la ville. Pour comprendre ces strates et préparer une visite, le point de départ idéal reste l’Office de Tourisme de Mèze, installé sur les quais, qui renseigne sur le patrimoine, les balades et les dégustations. La ville a su se réinventer au fil du temps, autour du vin, de l’huître et du tourisme, mais elle a gardé ce caractère authentique qui la rend si attachante.

Premier site conchylicole de la Méditerranée

À Mèze, la lagune n’est pas un décor : c’est une ressource, un métier et une fierté transmise de génération en génération. La ville est le premier site conchylicole du bassin de Thau et de la mer Méditerranée. Chaque année, près de 13 000 tonnes d’huîtres et de moules sont produites dans ces eaux où se mêlent apports doux et salés, élevées sur cordes en suspension selon une technique unique en Méditerranée. Les conchyliculteurs, souvent installés en famille depuis plusieurs générations, ouvrent volontiers leurs mas pour faire goûter le fruit de leur travail, les pieds dans l’eau et la lagune en toile de fond.

Cette tradition s’inscrit dans une histoire plus large, celle d’un bassin tout entier voué au coquillage. Pour en saisir les gestes et les outils, le Musée de l’Étang de Thau, à quelques kilomètres au village voisin de Bouzigues, retrace toute l’épopée des pêcheurs et des ostréiculteurs. Et l’huître se vit aussi en fête : chaque été et en septembre, les Fêtes de l’Huître de l’Archipel de Thau rassemblent Mèze, Marseillan, Bouzigues et Sète autour de dégustations et de démonstrations d’écaillers. Pour repérer où savourer un beau plateau, notre sélection de plateaux d’huîtres autour de la lagune donne les meilleures adresses, et l’on retrouve cette même générosité à la table de La Ferme Marine de Marseillan, sur la rive sud de l’étang.

Le Picpoul, la table et l’art de l’accord

Si l’huître est reine, le vin n’est jamais loin. Mèze compte environ 800 hectares de vignobles qui donnent naissance au célèbre Picpoul de Pinet, ce blanc sec et iodé qui semble fait pour accompagner une assiette de coquillages frais. Les domaines qui entourent la ville profitent d’un terroir façonné par le soleil et les vents marins, et l’on y trouve aussi de jolis rosés et des rouges charpentés. L’accord le plus emblématique du territoire tient en une image simple : un plateau d’huîtres, un verre de Picpoul, la lagune au coucher du soleil.

Cet art de la table se vit pleinement au bord de l’eau. Le restaurant L’Eau Sel, posé au bord de l’étang, met à l’honneur coquillages, fruits de mer et cuisine méditerranéenne en terrasse, dans cet esprit de partage qui définit Mèze. Tout autour de la lagune, des restaurants de producteurs aux halles gourmandes, l’huître se décline sous mille formes, du classique filet de citron aux versions plus surprenantes. La filière reste vivante et locale, comme le rappelle régulièrement l’actualité du territoire lorsque les coquillages de Thau reviennent sur les étals après les périodes de fermeture.

Que faire à Mèze : port, festivals et escapades

À Mèze, la vie se passe dehors. Sur le port, le plus grand du bassin, pêcheurs et plaisanciers se côtoient dans une ambiance de villégiature où l’on flâne au marché, où l’on joue à la pétanque et où l’on pratique encore le sport local par excellence, le tambourin. Les halles, ouvertes du mardi au dimanche matin rue de la République, prolongent toute la semaine les saveurs de la lagune. Côté famille, le musée-parc des dinosaures, niché dans une pinède ombragée, émerveille petits et grands, tandis que les sorties en catamaran sur la lagune offrent une autre façon de découvrir les parcs à huîtres.

La ville sait aussi faire la fête et vibrer au rythme de la culture. Notre guide des festivals à Mèze recense les rendez-vous qui rythment l’année, à commencer par le Festival de Thau, dont les concerts éco-responsables résonnent chaque mois de juillet sur le port et dans les communes voisines. Pour une sortie plus calme, le cinéma Le Taurus programme films et événements culturels en plein centre. Et lorsqu’on a envie de prolonger l’escapade, le territoire de l’Archipel de Thau réserve mille échappées, de Bouzigues, berceau de la conchyliculture, jusqu’aux abbayes et aux vignes de l’arrière-pays. À Mèze, tout invite à s’attarder : une dégustation, une balade, un coucher de soleil sur la lagune.

La lagune côté glisse, nage et découvertes

L’étang se prête à bien d’autres plaisirs que la dégustation. L’été, le sentier sous-marin de l’étang de Thau invite à enfiler masque et tuba pour observer, au fil d’un parcours balisé, les herbiers et la petite faune de la lagune, une expérience rare à vivre depuis Mèze. Les amateurs de sensations peuvent s’initier au kitesurf ou au wingfoil avec l’école Fil d’Air, tandis que le catamaran de promenade Mansathau emmène les visiteurs au ras de l’eau, à la découverte des tables conchylicoles. Ceux qui rêvent de naviguer par leurs propres moyens peuvent préparer leur permis avec le bateau-école Midi Plaisance. Quant aux cyclistes qui longent la lagune, ils trouveront en ville une station de gonflage pour vélos, pratique avant de repartir vers Bouzigues ou Marseillan.

Culture de proximité et bonnes adresses

La vie culturelle mézoise ne se limite pas aux grands rendez-vous de l’été. La médiathèque Andrée Chedid, installée place de l’Ancien Hospice, propose toute l’année livres, animations et rendez-vous pour les familles, tandis que le Carré d’Art Louis Jeanjean accueille les expositions. Pour prolonger la soirée, le bar culturel Au Rhinocéroze anime les nuits mézoises. Côté table, les gourmands ont aussi l’embarras du choix entre La Baie d’Halong, La Garriguette ou encore l’Auberge du Domaine de Creyssels, autant d’adresses qui complètent les mas conchylicoles du bord de lagune. Et pour les curieux de patrimoine, le Domaine de Bellevue figure parmi les lieux à découvrir autour de la ville.

Question fréquemment posées

Parce que sa fondation remonte au VIe siècle avant J.-C., avec l’arrivée des Phocéens qui établirent Mesua, l’ancienne Mèze, et y développèrent un port dès l’Antiquité. La cité a ensuite été grecque, romaine, médiévale et marchande sans jamais perdre son ancrage maritime, ce qui en fait la plus ancienne ville du territoire.
Directement chez les conchyliculteurs, dans les mas de dégustation installés au bord de la lagune où l’on savoure les coquillages les pieds dans l’eau, généralement de Pâques à la Toussaint. Les restaurants du port et les halles de la rue de la République proposent aussi huîtres et fruits de mer toute la semaine, idéalement accompagnés d’un Picpoul de Pinet.
Le Picpoul de Pinet, le blanc sec et iodé produit sur les quelque 800 hectares de vignes autour de Mèze. Sa fraîcheur et ses notes marines en font l’accord local par excellence avec un plateau d’huîtres et de coquillages de la lagune.
Commencez par une promenade dans le centre historique, entre le port et la chapelle des Pénitents, puis embarquez pour une sortie en catamaran à la découverte des parcs à huîtres. Le midi, installez-vous dans un mas conchylicole pour déguster huîtres et moules. L’après-midi, cap sur le musée-parc des dinosaures, avant un verre en terrasse face à la lagune au coucher du soleil.

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