Quotas de thon rouge : la Ville de Sète réaffirme son soutien aux pêcheurs

  • Publié il y a 8 heures
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À Sète, la pêche n’est pas une activité comme une autre. Derrière chaque chalutier qui rentre au port, il y a des marins, des entreprises familiales, la criée et tout un écosystème qui vit de la mer depuis des générations. Alors que la redistribution des quotas de thon rouge entre façades atlantique et méditerranéenne suscite l’incompréhension d’une partie des pêcheurs du bassin, et que le plan européen WestMed continue de limiter les jours de mer des chalutiers, la Ville de Sète a choisi de réaffirmer publiquement son soutien à la filière. Dans un communiqué, le maire Hervé Marquès appelle l’État à construire un cadre durable avec les professionnels du premier port de pêche de la façade méditerranéenne française.

Sète, un port de pêche depuis 360 ans

La ville doit sa naissance, en 1666, à la volonté de Louis XIV de relier le canal du Midi à la Méditerranée. Depuis, elle n’a jamais cessé d’être un port de pêcheurs. L’arrivée de marins italiens dès le XVIIIe siècle, puis de rapatriés d’Afrique du Nord dans les années 1960, a façonné une tradition thonière qui tient aujourd’hui encore un rang national. Chaque après-midi, le retour des bateaux le long du quai Maximin Licciardi rappelle cette identité maritime : c’est là que se trouve la criée aux poissons de Sète, première d’Europe informatisée dès 1967, où une flottille de chalutiers et de petits métiers débarque le poisson vendu aux enchères, environ 2 200 tonnes chaque année.

Le casse-tête des quotas de thon rouge

Le thon rouge de Méditerranée est une ressource encadrée : chaque année, l’ICCAT, le comité scientifique international qui gère cette ressource, fixe un quota par façade, et chaque poisson pêché par les thoniers senneurs et les petits métiers sétois est identifié par une bague de marquage, comme le détaille notre dossier sur la criée aux enchères. Début septembre 2026, la redistribution d’un reliquat annuel de 234 tonnes a ravivé les tensions : le ministère de la Mer a attribué 66 % de ce volume à la façade atlantique et 33 % à la Méditerranée, alors que la répartition habituelle de ce type de reliquat penchait très largement en faveur des pêcheurs méditerranéens. Une décision qui a suscité l’incompréhension d’une partie de la filière sétoise, qui gère une bonne part du quota national de thon rouge.

Le plan WestMed, une pression supplémentaire sur les chalutiers

À cette tension sur le thon rouge s’ajoute une contrainte plus ancienne : le plan de gestion européen WestMed, qui limite le nombre de jours de mer autorisés pour les chalutiers en Méditerranée occidentale dans un objectif de préservation de la ressource halieutique. Une mesure qui pèse sur la rentabilité d’une flotte de petits métiers et de chalutiers déjà confrontée à la hausse du prix du carburant. Dans son communiqué, la Ville de Sète demande que ce plan soit adapté aux besoins des pêcheurs et au nombre de chalutiers réellement en activité dans le port.

La position de la Ville : soutien et dialogue avec l’État

Le maire de Sète, Hervé Marquès, réaffirme dans ce communiqué son soutien aux pêcheurs et appelle à construire, avec l’État, « un cadre durable pour l’avenir de la pêche méditerranéenne ». Il souhaite que les prochaines décisions sur les possibilités de pêche prennent en compte la réalité historique, économique et humaine des ports méditerranéens, et que la voix des professionnels sétois soit pleinement entendue par le Gouvernement. Le communiqué pose un double objectif : préserver la ressource, et permettre à une pêche professionnelle de continuer à vivre sur l’ensemble de la façade méditerranéenne française. Cette proximité entre la ville et ses gens de mer se retrouve aussi chaque été dans la fête de la Saint-Pierre, où Sète rend hommage à son saint patron des pêcheurs et à ceux qui ne sont pas revenus.

Au quotidien, cette filière reste visible pour qui prend le temps de flâner sur les quais du quartier de la Marine à l’heure du retour des bateaux, ou de choisir un poisson tout juste débarqué chez l’une des poissonneries sétoises approvisionnées directement à la criée.

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