Vigithau, comprendre l'eau et les risques du bassin de Thau

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Une plateforme née du risque inondation méditerranéen

Le bassin de Thau connaît un climat méditerranéen marqué par de longs mois secs suivis d’épisodes pluvieux brefs et intenses, concentrés surtout en automne. Ce régime expose le territoire à un risque d’inondation récurrent : débordement de cours d’eau, ruissellement urbain par temps de pluie et, sur le littoral, submersion marine. Pour aider les communes à anticiper ce risque plutôt qu’à le subir, le Syndicat Mixte du Bassin de Thau (SMBT) s’est associé en 2021 à Predict Services, filiale risques de Météo France, pour créer Vigithau Risques, une plateforme web financée par le FEDER et la Région Occitanie.

Comment fonctionne Vigithau Risques

Vigithau Risques est un outil interactif qui aide les élus à préparer des Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) adaptatifs et opérationnels. Il s’appuie sur un réseau de capteurs pluviométriques et hydrométriques posés par le SMBT sur les cours d’eau et les points sensibles du bassin, qui remontent en continu les hauteurs d’eau et les cumuls de pluie. Chaque commune raccordée bénéficie d’un accompagnement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 par les ingénieurs de Predict, pour ajuster son niveau de vigilance et d’intervention à l’intensité réelle de l’épisode en cours.

Les premiers équipements ont été installés en 2022 à Montbazin, Poussan et Villeveyrac, trois communes directement concernées par le débordement des cours d’eau du bassin versant. Cette surveillance de terrain a permis d’y gagner un temps d’avertissement précieux avant les crues. En décembre 2024, le réseau s’est étoffé de quatre nouvelles stations à Frontignan, Marseillan et Cournonsec, financées par le fonds Barnier, la Région Occitanie et le département de l’Hérault. Ce dispositif complète un réseau plus large de capteurs hydrologiques du SMBT, qui suit notamment les cours d’eau du Pallas, du Nègue Vaque et de la Vène, ainsi que des sondes installées dans la lagune pour surveiller la submersion marine, un enjeu que l’on retrouve par exemple sur la Plage des 3 digues à Sète, labellisée Pavillon Bleu pour la qualité de son eau.

Repères de crues : la mémoire des inondations passées

La loi « Risques » de 2003 impose aux collectivités de poser des repères correspondant aux crues historiques ou exceptionnelles, visibles du plus grand nombre. En 2021 et 2022, le SMBT a mené un recensement des inondations passées sur le territoire, constituant une base de données locale d’environ 300 informations. Ce travail a débouché sur la pose d’environ 70 repères de crues, disséminés sur le bassin de Thau, qui matérialisent concrètement le niveau atteint par les eaux lors d’événements marquants. Cette démarche de mémoire du risque s’inscrit dans une stratégie plus large d’acculturation, portée avec le bureau d’études Mayane, qui vise à faire de la prévention des inondations un sujet partagé plutôt qu’un tabou.

Dém’eaux Thau : l’autre versant, celui des eaux souterraines

Vigithau Risques surveille les eaux de surface. Un second programme, Dém’eaux Thau, s’intéresse depuis 2017 aux eaux souterraines du Pli ouest, ce vaste aquifère karstique qui s’étend du massif de la Gardiole jusqu’au large de Sète et qui constitue la principale ressource locale en eau douce. Piloté par le BRGM avec le SMBT et de nombreux partenaires scientifiques, ce programme a permis de modéliser en 3D la géologie souterraine du territoire pour mieux comprendre comment se recharge la nappe, à quel débit elle alimente la lagune et selon quels scénarios elle peut être exploitée sans risque. L’un des enjeux majeurs est de prévenir les phénomènes d’inversac, ces remontées d’eau salée qui menacent la ressource en eau douce et l’activité thermale locale, en particulier celle des Thermes de Balaruc. Un réseau piézométrique dédié, installé dès 2020, complète aujourd’hui le dispositif et permet de suivre en temps réel le remplissage de l’aquifère, y compris lors d’épisodes de recharge exceptionnelle comme celui observé début 2026.

Un territoire qui s’organise face au risque

Vigithau et Dém’eaux Thau illustrent la manière dont le bassin de Thau a structuré, à l’échelle intercommunale, sa gestion des risques liés à l’eau. La sécurité civile reste une compétence du maire : à Sète comme à Poussan, la mairie et la mairie de Poussan restent les relais opérationnels du Plan Communal de Sauvegarde, tout comme celle de Bouzigues, dont le port abrite l’une des sondes de suivi du niveau de la lagune. Le SMBT, lui, pilote depuis 2016 la Stratégie Locale de Gestion du Risque Inondation à l’échelle du bassin, et coordonne le Programme d’Action pour la Prévention des Inondations (PAPI) labellisé par l’État en 2022. Cette organisation à plusieurs échelles, du village à l’intercommunalité, se retrouve aussi côté accueil du public, avec des points d’information répartis entre l’Office de Tourisme de Sète et celui de Mèze, qui dessert notamment Villeveyrac, Montbazin et Poussan. La gestion de l’eau, qu’elle soit trop abondante lors des crues ou plus rare en période de sécheresse, reste ainsi une préoccupation partagée par l’ensemble des communes du territoire.

Question fréquemment posées

C’est une plateforme web créée en 2021 par le SMBT et Predict Services (filiale risques de Météo France) pour aider les communes du bassin de Thau à surveiller le risque inondation et à préparer des Plans Communaux de Sauvegarde adaptés, grâce à un réseau de capteurs pluviométriques et hydrométriques.
Montbazin, Poussan et Villeveyrac ont reçu les premiers équipements de surveillance en 2022. Le réseau s’est ensuite étendu en décembre 2024 à Frontignan, Marseillan et Cournonsec, avec de nouvelles stations financées notamment par le fonds Barnier.
Conformément à la loi « Risques » de 2003, ils matérialisent visiblement le niveau atteint par l’eau lors de crues historiques ou exceptionnelles. Environ 70 repères ont été posés sur le bassin de Thau à partir d’un recensement d’environ 300 informations sur les inondations passées, réalisé en 2021-2022.
Vigithau Risques surveille les eaux de surface pour anticiper les crues et la submersion marine. Dém’eaux Thau, piloté par le BRGM depuis 2017, étudie de son côté les eaux souterraines du Pli ouest afin de comprendre la recharge de l’aquifère et de prévenir les risques d’inversac qui menacent la ressource en eau douce et l’activité thermale.

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