Les surnoms de Sète : île singulière, Venise du Languedoc et poufre, l'identité verbale des Sétois

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Une ville qui a longtemps changé de nom avant de trouver ses surnoms

Avant même de porter les surnoms qu’on lui connaît aujourd’hui, la ville a d’abord changé d’orthographe. Fondée en 1666 sur ordre de Louis XIV comme débouché maritime du canal du Midi, elle s’est longtemps écrite « Cette », une graphie héritée d’une toponymie locale ancienne, conservée jusqu’en 1927. Ce n’est qu’à partir de cette date que la forme actuelle, Sète, s’impose officiellement. C’est sur ce nom stabilisé que se sont ensuite greffés les surnoms qui circulent aujourd’hui, et le gentilé qui désigne ses habitants : Sétois et Sétoises.

« L’île singulière », le surnom qui a le mieux traversé le temps

C’est sans doute le surnom le plus repris pour parler de Sète : « l’île singulière ». Il dit une réalité géographique précise, celle d’une ville bâtie sur une bande de terre resserrée entre la Méditerranée et la lagune de Thau, un site que les travaux du port royal ont transformé en presqu’île à part, sans équivalent sur le littoral méditerranéen français. Le surnom n’est pas qu’un argument touristique : on le retrouve jusque dans la communication institutionnelle de la ville elle-même, par exemple lors des journées d’accueil des nouveaux habitants, où l’expression est employée sans distance, comme une évidence partagée par ceux qui s’y installent.

Pour saisir concrètement cette singularité, la meilleure prise de vue reste le sommet du Mont Saint-Clair, dont le panorama à 360 degrés fait basculer le regard de la mer à la lagune en quelques pas. Autre manière de la ressentir : la parcourir par l’eau, au fil des canaux et jusqu’à l’étang, avec une compagnie comme Sète Croisières, qui commente justement la ville sous cet angle d’île posée entre deux eaux.

« La Venise du Languedoc », le surnom des canaux et des ponts mobiles

Second surnom, tout aussi installé dans l’usage : « la Venise du Languedoc ». Il vient directement du paysage du Centre-ville de Sète, où le canal Royal traverse la ville de part en part, bordé de façades colorées qui s’y reflètent, et où plusieurs ponts mobiles se lèvent plusieurs fois par jour pour laisser passer les bateaux, imposant leur rythme à la circulation. Ce ballet quotidien des ponts, mêlé au va-et-vient des chalutiers qui rentrent vers la criée, est l’image que ce surnom cherche à résumer : une ville où l’eau structure encore la vie de tous les jours, et pas seulement le décor de carte postale.

Le Poufre, le poulpe qui incarne l’âme sétoise

Moins connu des visiteurs mais central dans l’imaginaire local, le poufre (orthographié aussi pouffre selon les sources) est l’animal totémique de Sète : lou pouffre en occitan, c’est à dire le poulpe. Le choix n’est pas anodin. Au delà de la référence maritime évidente, le poulpe est lu localement comme le symbole d’une ville capable d’absorber et de faire siennes les influences qui la traversent, elle qui s’est construite par vagues successives d’immigration autour de son port. Le poufre défile lors des grandes occasions sétoises, aux côtés des autres animaux totémiques de l’Archipel de Thau, et renvoie aussi directement à la tielle, la tourte au poulpe qui reste la spécialité gastronomique la plus identifiée à la ville.

La figure a aussi son ancrage dans la pierre : une fontaine intitulée « Le poufre », sculptée par Pierre Nocca en 1987 puis restaurée en bronze en 2003, se trouve place Léon Blum, en plein centre-ville.

« Le Petit Naples », la mémoire du Quartier Haut

Le troisième grand surnom concerne un quartier précis plutôt que la ville entière : Le Quartier Haut Sète, appelé en occitan Lo Quartier Naut, est aussi couramment surnommé « Le Petit Naples ». C’est le plus ancien quartier de la ville, façonné par l’arrivée de pêcheurs et d’artisans napolitains venus travailler à la construction du port. Cette mémoire italienne reste palpable dans l’ambiance du quartier, ses ruelles étroites, ses terrasses et son statut de repaire d’artistes, hérité de cette rencontre entre populations locales et immigration méditerranéenne. Le quartier fait partie de la mosaïque plus large que recense Les Quartiers de Sète, du Barrou à la Pointe Courte en passant par Villeroy ou les Salins.

Sétois, Sétoise : un gentilé qui infuse tout le quotidien

Au delà des surnoms de la ville, c’est le gentilé lui même, Sétois et Sétoise, qui s’est diffusé dans une multitude d’usages très concrets. Il qualifie des spécialités entières, comme la Zezette Sétoise, cette pâtisserie au vin rosé devenue un marqueur régional à part entière. Il désigne aussi une identité sportive et populaire bien vivante : les joutes nautiques, où s’affrontent les jouteurs sétois sur leurs barques lors des grandes fêtes de l’été, une tradition dont Embarcation & Équipage des Joutes Sétoises détaille les usages et les rôles à bord. Enfin, le gentilé porte aussi une fierté culturelle : la ville a vu naître ou vivre des figures qui ont marqué son image littéraire et artistique, à commencer par Paul Valéry, dont le Musée Paul Valéry perpétue l’héritage sur les pentes du Mont Saint-Clair, ou Georges Brassens, l’un des enfants les plus célèbres de la ville, aujourd’hui inhumé au Cimetière Le Py, qui domine l’étang de Thau.

Ces surnoms et ce gentilé ne sont donc pas de simples formules touristiques : ils forment ensemble une manière bien identifiée de nommer la ville et de s’y reconnaître, que l’on soit né sur l’île singulière ou qu’on y arrive pour la première fois.

Question fréquemment posées

Il vient de la configuration géographique de la ville, bâtie sur une bande de terre resserrée entre la lagune de Thau et la Méditerranée. Ce surnom est si installé qu’on le retrouve même dans la communication de la ville envers ses nouveaux habitants.
À cause de ses canaux, notamment le canal Royal qui traverse le centre-ville, et de ses ponts mobiles qui se lèvent plusieurs fois par jour pour laisser passer les bateaux.
Le poufre, ou pouffre, est l’animal totémique de la ville : le poulpe, lou pouffre en occitan. Il symbolise une ville capable d’absorber les influences qui la traversent et renvoie aussi à la tielle, la tourte au poulpe typiquement sétoise. Une fontaine portant ce nom se trouve place Léon Blum.
Parce que ce quartier, le plus ancien de Sète, a été façonné par l’arrivée de pêcheurs et d’artisans napolitains venus travailler à la construction du port, une influence italienne encore palpable aujourd’hui.

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